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ANDRE HOLBECQ

Neanderthal et Cro-Magnon

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Une étude génétique révèle des croisements entre l'homme de Néandertal et l'humain moderne, probablement au moment où les premiers homo-sapiens ont commencé à migrer hors d'Afrique.

Musée du Néandertal à Kaprina, en Croatie. Une étude génétique révèle des croisements entre l'homme de Néandertal et l'humain moderne, probablement au moment où les premiers homo-sapiens ont commencé à migrer hors d'Afrique. (Reuters/Nikola Solic)

Les peuples d'origine européenne, asiatique et australasienne ont tous des traces d'ADN de Néandertal, mais pas les Africains, expliquent les chercheurs dans un article paru dans l'édition de vendredi du journal Science.

L'étude pourrait aider à résoudre un vieux débat sur le fait de savoir si l'homme de Néandertal et l'humain moderne ont fait plus que simplement cohabiter en Europe et au Proche-Orient.

"Ceux d'entre nous qui vivent hors d'Afrique portent un peu d'ADN de Néandertal en eux", résume Svante Paabo, de l'institut Max Planck à Munich, qui a dirigé cette recherche.

"La proportion de matériel génétique hérité de Néandertal est d'environ 1 à 4%. C'est peu mais c'est une proportion bien réelle d'ascendance chez les non-Africains aujourd'hui", ajoute le Dr David Reich, de la Harvard Medical School de Boston, qui a participé à cette étude.

Rien ne permet d'identifier quels "traits" peuvent avoir été hérités de Néandertal. "Tout ce qu'on peut dire, c'est que ce ne sont que des parcelles aléatoires d'ADN", dit Svante Paabo.

Les chercheurs s'appuient sur le séquençage du génome d'os de Néandertal découverts en Croatie, en Russie, en Allemagne et en Espagne. Ils ont développé de nouvelles méthodes pour rassembler, séparer et séquencer l'ADN.

"Dans ces ossements vieux de 30.000 ou 40.000 ans, très peu d'ADN a été préservé", souligne Svante Paabo, qui précise que 97% voire plus de l'ADN extrait de ces ossements provenait de bactéries ou de moisissures.

Ils ont comparé ce séquençage à celui de cinq personnes originaires d'Europe, d'Asie, de Papouasie-Nouvelle Guinée et d'Afrique.

ESPÈCES DISTINCTES?

Le résultat dessine le portrait d'homo-sapiens vivant aux côtés d'hommes de Néandertal, éteints il y a quelque 30.000 ans, avec des relations parfois très intimes. "Il y a eu des métissages à un petit niveau. Je préfère laisser à d'autres le soin de se quereller pour savoir si l'on peut nous qualifier d'espèces distinctes ou non", poursuit Paabo. "D'un point de vue génétique, ils n'étaient pas très différents de nous."

Les croisements génétiques pourraient remonter à il y a environ 80.000 ans, quand les hommes modernes venant d'Afrique ont rencontré les populations de Néandertal établies les plus au sud, au Proche-Orient.

Les chercheurs ont identifié cinq gènes propres aux Néandertaliens, dont trois gènes liés à la peau. "Cela suggère que quelque chose dans la physiologie ou la morphologie de la peau a changé chez les humains", explique Svante Paabo.

Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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Il y a du Neandertal en nous

| 07.05.10 | 15h47 • Mis à jour le 07.05.10 | 15h47 Réagissez (26) Classez Imprimez Envoyez Partagez

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Il y a du Neandertal en nous. Du moins si nous sommes "non africains". Dans ce cas, 1 % à 4 % de notre matériel génétique a pour origine Homo neanderthalensis. Nous nous croyions simples cousins, issus d'un ancêtre commun. Nous nous découvrons aussi métissés avec cet humain disparu. C'est la conclusion la plus spectaculaire tirée de l'étude de l'ADN prélevé sur trois os de néandertaliens vieux d'environ 40 000 ans, issus d'une grotte croate.

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Eclairage Leipzig, nouvelle Mecque de l'anthropologie évolutive Pour la première fois, le génome nucléaire d'un homme fossile est séquencé, à hauteur de 60%. Son analyse est publiée, au terme de quatre années d'efforts, dans la revue Science, vendredi 7 mai, sous la direction de Svante Pääbo, de l'Institut Max-Planck d'anthropologie évolutionniste de Leipzig. C'est à lui que l'on doit la première analyse génétique d'un néandertalien, en 1997.

Il s'agissait d'ADN mitochondrial (ADNmt), transmis par la mère, d'extraction bien plus aisée que l'ADN nucléaire. En 2004, M. Pääbo et ses collègues avaient conclu que cet ADNmt ne révélait aucun croisement entre Homo sapiens, l'homme moderne et celui de Neandertal.

Conclusion aujourd'hui invalidée par les mêmes chercheurs, qui ne cachent d'ailleurs pas leur surprise. "L'équipe était contre cette hypothèse, ce qui, d'une certaine manière, renforce nos résultats", rappelle David Reich (MIT et Harvard), cosignataire de l'étude. Et de rappeler les précautions méthodologiques prises pour se prémunir contre les contaminations par l'ADN des expérimentateurs, éliminer celui des microbes présents dans les échantillons, qui représentaient au départ plus de 95 % des éléments séquencés.

COUSIN SULFUREUX

Il a aussi fallu trouver les moyens de comparer l'ADN attribué à Neandertal à celui d'hommes actuels – un Français, un Han chinois, un Papou de Nouvelle-Guinée, un San d'Afrique de l'Ouest et un Yoruba d'Afrique de l'Ouest – et à celui d'un chimpanzé. Pourquoi ? "Parce que les variations génétiques non partagées avec Neandertal éclairent l'histoire évolutive de l'homme", répond Ed Green, premier signataire de l'article de Science.

Ces comparaisons ont donc mis en évidence la présence de 1 % à 4 % d'ADN d'origine néandertalienne dans le génome de nos contemporains d'Eurasie, alors qu'un tel héritage est absent chez les deux Africains. Impossible à ce stade de décrire le rôle fonctionnel de cet ADN transfuge. Mais sa mise en évidence met fin à une controverse scientifique vieille de plusieurs décennies sur d'éventuels croisements entre les deux espèces.

Mais sans doute faut-il rappeler qui est Neandertal, et pourquoi il constitue un cousin sulfureux. En 1856, sont découverts près de Düsseldorf une calotte crânienne et des os longs bientôt attribués (1864) à une nouvelle espèce, baptisée Homo neanderthalensis.

En 1859, la publication de L'Origine des espèces par Darwin banalise l'homme au sein du règne animal. Double choc pour les contemporains. Le mythe de la Genèse est ébranlé, la "création" compte soudain une nouvelle espèce humaine. Pire, on découvre, à La Chapelle-aux-Saints (Corrèze), en 1908, un squelette de Neandertal enterré par ses congénères: ces primitifs avaient-ils le souci de l'au-delà ?

Depuis lors, ces questions n'ont cessé de tarauder les paléoanthropologues, et d'autres se sont posées au fil des découvertes : Neandertal est le seul hominidé apparu en Europe, il y a environ 400 000 ans, descendant d'Homo plus archaïques venus d'Afrique ? A-t-il été rayé de la carte, il y a 30 000 ans, par Homo sapiens lui-même sorti d'Afrique il y a 50 000 ans ? Quid de la nature des relations entre les deux espèces, qui ont pu avoir des contacts pendant quelques millénaires ? Ces questionnements s'accompagnent de querelles sur le degré d' "intelligence" et d'humanité qu'il convient d'accorder à ce perdant de l'évolution.

Avec ses bourrelets sus-orbitaires et son chignon crânien, l'incroyable robustesse de son squelette et de sa musculature, mais son gros cerveau, n'était-il qu'un balourd simiesque ? C'est aussi une créature politique : certains chercheurs en font un bon sauvage, victime des mœurs colonialistes incoercibles de l'homme moderne, d'autres soulignent les proximités entre les deux espèces, qui se seraient fondues l'une dans l'autre.

"C'est un sujet explosif, car la notion de différence biologique est délicate à manier dès lors qu'on s'approche de l'humain", note le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin, lui aussi de l'Institut Max-Planck de Leipzig, pour qui la recherche, féconde, de différences avec ces espèces disparues n'a rien de commun avec celle d'une hiérarchie entre d'hypothétiques "races" au sein de l'espèce humaine.

La génétique vient donc d'apporter son grain de sel dans ces polémiques souvent vives. Doit-on continuer à parler de deux espèces, si leur hybridation a donné lieu à une descendance aussi fertile ? "Je laisse à d'autres le choix de se quereller à ce sujet", répond Svante Pääbo, qui juge la discussion "assez vaine" et se contente de souligner qu'il y a bien eu croisements, même à une échelle modeste. Les populations en jeu ne dépassaient pas quelques milliers d'individus. Il a suffi de quelques dizaines d'accouplements pour que l'empreinte de Neandertal marque notre patrimoine génétique.

"PÊCHE" AUX GÈNES

Certains chercheurs n'ont pas attendu les généticiens pour se forger une conviction. C'est le cas du paléoanthropologue Erik Trinkaus (Washington University, Saint Louis, Missouri), pour qui "il existe déjà en abondance des preuves paléontologiques montrant des flux de gènes entre néandertaliens et hommes modernes, résultant de l'absorption des populations des premiers par l'expansion des seconds, il y a environ 40 000 ans".

Sauf, répond Jean-Jacques Hublin, que la génétique suggère des métissages plus anciens, puisque tous les Eurasiens, et pas seulement les Européens de l'Ouest, en portent la marque : "Probablement ont-ils eu lieu du côté de l'actuel Israël, où la frontière entre populations de néandertaliens et d'hommes modernes a été fluctuante entre 120 000 et 50 000 ans", soit avant qu' Homo sapiens n'entame sa marche triomphale à travers le globe.

Ce qui a fait ce succès évolutif, Jean-Jacques Hublin espère le trouver non seulement du côté des os – sa spécialité – ou de l'archéologie, mais aussi de celui des gènes. L'article de Science ouvre en effet d'autres perspectives fascinantes : disposer du génome de Neandertal offre un aperçu de ce qui fait la spécificité d'Homo sapiens.

L'équipe internationale a ainsi mis en évidence quelques gènes uniques à notre espèce, qui ont la particularité de jouer un rôle dans le développement cognitif et le métabolisme énergétique. Lorsqu'ils sont endommagés, certains sont impliqués aujourd'hui dans la trisomie 21, l'autisme ou encore la schizophrénie. Un autre l'est dans la forme du crâne, de la clavicule et de la cage thoracique.

Erik Trinkaus est critique vis-à-vis de cette "expédition de pêche" aux gènes, "qui ne nous disent rien sur la biologie ou le comportement" de Neandertal. Bruno Maureille (CNRS-UMR Pacea, Bordeaux) juge au contraire "très intéressante" cette nouvelle étape de la paléogénétique, qui va s'intéresser aux produits des gènes, les protéines. Il note cependant que les moyens techniques "évoluent beaucoup plus vite que les capacités de la communauté scientifique à en intégrer les résultats".

La paléogénéticienne Eva-Maria Geigl (Institut Jacques-Monod) souligne, elle aussi, qu'il faudra du temps "avant que tout le monde soit convaincu". D'autant que la génomique n'en est qu'à ses débuts : "On va certainement s'apercevoir que la diversité génétique est beaucoup plus importante qu'on le pense", dit-elle, tant entre les espèces humaines qu'à l'intérieur de celles-ci.

A Leipzig, on en est déjà à la prochaine étape pour caractériser les gènes qui font le propre de l'homme : le séquençage du génome d'Homo sapiens contemporains des derniers Neandertal est lancé.

Hervé Morin

Article paru dans l'édition du 08.05.10

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Moi ce qui me fait rire dans tout ca c'est qu'au final, tous les non africains sont donc "impures" et les vrai humains pure souche restent donc les africains :) De quoi faire un beau pied de nez au racistes :D

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juste pour foutre la m****

BDCIron : on est des "batards" d'après l'étude ...... mais rien ne prouve que ce n'est pas aussi le cas de la souche africaine avec une autre souche !!!!! connue ou non !!!

d'ailleur pareil pour nous !!!

enfin quelque part ya du nouveau : néandertal n'a pas disparu !!!! :P

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Invité jean-philippe

moi j'adore la génétique et ces abbérations, ils parlent de deux branches distinctes et d'un ancetre commun, mais c'est pas parce que les branches sont distinctes qu'une rencontre n'est pas possible, ils partagaient le meme ecosysteme!!! donc des rencontres ont dut se faire :clown: d'ou un metissage obligatoire, apres tout est remis en question s'il faut prendre en compte ces "croisements"!

actuellement, si en prend en exemple la reproduction du saumon Salmo salar, on s'aperçoit que la truite male Salmo trutta fario est capable de feconder les oeufs du saumon, donc dans ce cas on aurait un métissage mais c'est pas prit en compte!!! donc pourquoi prendre en compte celui de l'homme et pas le reste?

voilà la petite touche d'un biologiste :P

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L'info ne manquera d'émouvoir les chaumières car elle est à contrario du non-métissage prôné avec véhémence ces dernières décennies.

Pourtant il va falloir confirmer ou infirmer rapidement cette découverte (par d'autres tests sur d'autres matériels), afin d'éviter de relancer un dangereux débat racial (qui dans un contexte mondial qui n'encourage pas particulièrement l'amour universel), pourrait bien sentir le souffre ! :clown:

Il est vrai que si on voit les choses comme BDC, on peut en tirer une certaine modestie quant à nos origines :clown: , par contre si les africains estimaient dés lors qu'ils représentent une race "pure", on serait dans la mouise ! B):P

Sans compter que quand on regarde les "non-africains", la part de neanderthal aussi infime soit-elle ne transparait pas vraiment dans la morphologie, avec au contraire un affadissement du dimorphisme sexuel qui nous amène bien loin de la robustesse de l'honorable ancêtre...Mais il est vrai qu'avec la génétique, il faut toujours se méfier des apparences ! B)

Bref...A prendre avec pincettes cette annonce !

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D'un point de vu scientifique, la nouvelle est absolument fascinante!! D'autant plus qu'il semblerait que le génome de nos frères disparu étaient composés de 24 paires de chromosomes d'après les séquençages réalisé sur différents fossiles. Cette nouvelle répond donc en parti à la grande question sur le mystère qui entoure les néanderthaliens.

En revanche, la façon dont sera interprété l'info socialement m'inquiète un peu car elle pourrait marginaliser un peu plus la communauté noire africaine. J'ai toujours trouvé qu'il aurait été riche de vivre au coté d'autres espèces humaines pour avoir une autre intelligence. Malheureusement, tout le monde sur cette terre ne perçoit pas la diversité avec autant d'émerveillement et je suis contient des danger que cela engendrerai.

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Attention, du point de vue biologique, il n'y a (ou j'ai loupé quelque chose!) qu'une espèce humaine actuellement présente sur Terre, homo sapiens sapiens. En dehors de l'appartenance vraisemblable de certains de mes élèves à la variété Homo Sapiens sapionce , il y a une variation intraspécifique assez sympathique et importante comme disait mon copain J.B (congolais) à mon autre copain Lasse (danois) en buvant un canon de rouge en salle de troisième cycle rue Kessler avant que Abd el Halim et Az el Arab (marocains) viennent leur dire bonjour, Olgeir (Islandais) n'avait pas encore été recruté..

Que les deux espèces néanderthal et sapiens ait pu vivre côte à côte sans métissage n'aurait rien de choquant. Néanderthal semble être le résultat d'une dérive génétique due à un isolement lié aux glaciations. Il y a de fortes probabilités que l'évolution le conduise à des différences génétiques ne lui permettant plus de s'hybrider avec les autres sapiens. Par contre si l'hybridation est possible avec des descendants fertiles (ce qui semblerait puisqu'on peut retrouver des traces dans les génomes), Néanderthal ne serait plus une espèce à part entière, juste une variété de Sapiens (Désolé, je ne sais jamais où mettre les majuscules en biologie).

Du point de vue société, à partir du moment où les gens auront compris que la notion de "race pure" est en soi même un des plus grands dangers pour l'espèce humaine et que le métissage permet une diversité génétique indispensable à l'avenir d'une espèce, tout le reste devient anecdotique.

Citation d'un de mes élèves de collège métisse, après que j'ai expliqué qu'il y avait la même différence de gène entre quelqu'un de noir et quelqu'un de blanc qu'entre un individu à yeux marrons et un autre à yeux bleus: "sauf que chez moi ça se voit plus !!!!. Il y a si je me souviens bien plus de différences génétiques entre un africain et un mélanésien tous deux noirs qu'entre un africain et un européen. Aller imaginer des races pures et des races supérieures après ça !

Serge

PS: Aux dernières nouvelles mon copain pygmée a toujours autant de difficultés à survivre Place de la Concorde et on me donne trois jours de survie en autonomie en forêt congolaise. Lequel est supérieur auquel ?

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Néanderthale n'est pas une branche insulaire de l'espèce sapiens. Le sequençage du génome le montre (48 chromosomes pour neanderthale et 46 pour sapiens). Deplus, les néanderthaliens ont evolué a partir d'homo erectus (ou ergaster, le debat est encore d'actualité, mais a mon humble avis ergaster et erectus sont de trop proche parents pour parler de deux espèces distinct) déjà présent en Europe avant la période glaciaire et ceci bien avant que n'apparaisse sapiens en Afrique.

Il faut bien noter que homo est un genre et que sapiens et une espèce. Actuellement, le genre homo n'est représenté que par une seul espèce: "sapiens".

Mais cela n'a pas toujours été le cas, et il y a 40 000 ans environs, 4 espèces bien différenciées vivaient cote a cote sur terre. C'est là que la nouvelle de métissage avéré pour deux de ces espèces est surprenante.

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Génétique

En théorie même si deux bestioles différentes génétiquement peuvent s'accoupler, l’ADN ne peut pas se transférer entre deux individus de sexe opposés lorsqu’ils appartiennent à deux espèces différentes.

Mais si les différences sont peu importantes, une fécondation "exceptionelle" peut avoir lieu...mais la descendance est stérile.

On en est encore là.

Il existe chez la femelle des gènes de reconnaissance de l'ADN mâle.

Si cet ADN est celui d’une autre espèce, il va être reconnu comme anormal puis « réparé ».

Lorsque l’ADN du mâle pénètre, il va former un pseudo double brin avec l’ADN de la femelle.

Il va y avoir ensuite un crossing over.

Des gènes de la femelle vont donc muter et le mâle de l’autre espèce peut maintenant intégrer son ADN à celui de la femelle (l’ADN mâle n’est plus reconnu comme anormal).

Ce mécanisme de reconnaissance de la qualité de l'ADN est le même que celui qui élimine les cellules cancéreuses (ADN muté donc anormal).

L'ADN polymérase fait des erreurs de réplication. Le taux d’erreur est de 10-3.

L’activité 3’OH exonucléasique de l'ADN polymérase fait que ce taux d’erreur chute à 10-6 (la séquence de l'ADN se lit de l'extrémité 5' vers l'extrémité 3', extémité 3' avec une terminaison en OH sur laquelle vient se lier le nouveau nucléotide).

Cette activité ne peut corriger que le dernier mauvais nucléotide néosynthétisé (mismatch).

Il reste donc des erreurs.

Comment les réparer ?

Le brin d'ADN parental est méthylé sur des zones de type palindrome (exemple GATC car les bases complémentaires seront CTAG).

Le brin néosynthétisé (là où il y a éventuellement une erreur) sera reconnu car il n'est pas méthylé.

Intervient alors la fonction MutHLS qui va reconnaitre, couper et éliminer la partie comprenant trop d'erreurs non corrigées.

Puis l'ADN polymérase va (en théorie) resynthétiser le tout sans erreurs.

Si les fonctions 3’OH exonucléasique et MutHLS ne fonctionnent pas correctement, il y aura donc acceptation (c'est le terme consacré) de la mutation.

C'est l'origine des cancers et de la dérive génétique, moteur initial de l'évolution.

Autres erreurs génétiques possibles : liaison anormale entre deux thymines (à cause des UV), délétion de certaines régions chromosomiques intervenant dans la réparation des erreurs (événement péjoratif car il y a risque de non réparation)...

Erreur cellulaire : il y a en principe des protéines inhibitrices de la prolifération de cellules anormales (exemple: les cellules cancéreuses), de la même manière qu'il y a des protéines activatrices de la division cellulaire. La mutation de gènes responsables de la transcription en ARNm implique un ARNm anormal donc la traduction d'une mauvaise protéine. Si la mutation du gène entraine la synthèse d'une mauvaise protéine "anti-prolifération" => ça craint !

Moralité notre "machine génétique" bien qu'elle soit très performante a des bugs ou corrige trop bien. C'est dans ce sens que l'on peut interpréter les fécondations interspécifiques.

Merci à ma fifille qui rame en Fac de Médecine mais qui branche quelques fois son Papa sur la génétique.

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Il y a le cas du Turkoman (hybride du chameau de bactrian et du dromadaire) pour qui la femelle n'est pas stérile... Donc ca existe l'hybridation non stérile...

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En fait, si j'ai bien compris le discours de P.H. Gouyon (généticien), il y a de plus en plus d'exemple d'hybrides non stériles, ce qui rend pratiquement la notion d'espèce très difficile à définir, voire totalement caduque.

Serge

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Oui, je pense que c'est plus la définition d'espèce qui pose problème. L'espèce est une construction humaine, elle n'existe pas par essence.

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BDCIron, trenen23 et Fab' :

Je ne savais pas qu'il y avait de plus en plus d'hybrides non stériles.

Effectivement c'est à creuser !

Il y a la naissance d'un mouvement de scientifiques qui essaye de se libérer de la nomenclature linnéenne, trop subjective.

Déjà qu'à partir du niveau générique c'est un peu "au feeling" alors imaginez au dessus (familles, ordres...)

Et v'la ti pas que maintenant même l'espèce part en sucette...

Je sens que je vais me reconvertir et vendre des merguez l'été sur les plages.

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