Bonjour.
Je ne connais pas la géologie de la partie carpathique des Alpes. Mais si ce plateau constitue l'avant-pays carpathique, comme vous le suggérez, cela pourrait être une formation de type molassique, analogue à nos molasses miocènes péri-alpines, qui jalonnent la bordure extérieure des Préalpes, depuis le Pays de Gex à la frontière suisse, puis en Savoie le couloir entre Annecy, Aix les Bains et Chambéry, puis l'Est et le Sud lyonnais (entre Meximieux et Saint-Fons), les "Terres froides" en Isère, puis les divers "safres" et autres "molières" dans la Drôme, le Vaucluse et même un peu les Bouches du Rhône. Au Nord-Est du pays de Gex, la molasse continue en Suisse dans le "bassin molassique" entre Jura et Alpes. Je ne sais pas s'il en existe encore au-delà de la Suisse, plus vers l'Est. J'ignore également s'il existe des formations analogues dans la zone des grands lacs italiens de l'autre côté des Alpes.
Il s'agit de dépôts détritiques miocènes, de mer pas très profonde (ou même lacustres), provenant de l'érosion des Alpes dans les reliquats de mer péri-alpine.
Les molasses présentent une multitude de faciès lithologiques argilo-sablo-gréseux, qui alternent en bancs d'épaisseur décimétrique à plurimétrique, et qu'on peut organiser par rapport à trois pôles sur un diagramme triangulaire: un pôle gréseux, un pôle sableux et un pôle argileux (ou marneux). Les grès plus ou moins bien cimentés (et donc plus ou moins tendres) et les sables plus ou moins grésifiés constituent un des côtés du diagramme triangulaire. La couleur gris-verdâtre assez prononcée de certains bancs est attribuée à la Glauconie.
A noter qu'il existe aussi des molasses en Aquitaine dans l'avant-pays pyrénéen, qui ont comblé et recouvrent - parfois sur plusieurs centaines de mètres d'épaisseur - une grande partie de l'ancien Golfe de Gascogne, lequel s'étendait alors bien plus à l'Est, presque jusqu'au seuil du Lauraguais.