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  1. Il est vrai que la Vésuvianite "noire" est en général vert sombre presque noir, brun sombre presque noir ou rouge sombre presque noir. L’Aegirine et l’Allanite peuvent être vraiment noires, y compris avec un aspect charbonneux dans le cas de l’Allanite. En outre, certaines cassures ternes et faiblement luisantes (rappelant la bakélite) évoquent l’éclat des cristaux métamictes. Est-ce qu’il y aurait de la Magnétite avec ? Ceci dit l’hypothèse amphibole calcique tient la route. Les sections visibles ne présentent pas de symétrie ternaire patente. Mais il est vrai que certains cristaux de Schorl sont tellement polysynthétiques que leur section est quelconque...
  2. Coucou la clique du 66 ! Vésuvianite ? Ce que la photo montre ne permet pas de l’exclure. Mais on en voit plus lorsqu’on l’a en main... Aegirine ? Allanite ?
  3. Peu probable que cela fasse un "tube" continu. Certes la nature est inventive, et j’ai vu des phénocristaux de feldspath jusqu’à 12cm dans le granite de la Margeride; mais ils étaient plus trapus, sensiblement moins élancés que ne serait le présumé tube... Ceci dit si vous sciez le galet, que vous polissez sommairement une face et que vous la scannez, cela permettrait d’en savoir plus sur la roche. Mais le sciage risque d’endommager les cristallisations d’Epidote.
  4. Bonjour La rivière, c’est l’Osu, petit fleuve côtier dont la longueur ne doit guère dépasser 20km. Le galet ne vient donc pas de très loin. J’ai recherché le contexte et les cartes géologiques du secteur. Le lieu de découverte, ainsi que l’ensemble du bassin versant de l’Osu, se trouvent sur la feuille au 1/50000ème de Porto-Vecchio (n° 1124). Mais on peut également consulter avec profit la notice de la carte n°1127 (Sotta-Bonifaccio-Santa Teresa di Gallura). Cette notice est une monographie très fouillée et détaillée (pour ne pas dire touffue, voire foisonnante) des multiples faciès des roches locales. Lecture très ardue pour moi, voire hermétique, compte tenu de mes connaissances limitées en pétrographie : c’est du stuff pour phoscorite. J’en ai compris(?) tout au plus 20-30%; mais très intéressant quand même. Pour résumer, le bassin versant de l’Osu se trouve dans les roches cristallines hercyniennes du batholite corso-sarde, qui couvre une grande partie de la Corse (mise en place entre fin Carbonifère et Permien). Il s’agit pour l’essentiel de granites calco-alcalins et alumineux, et granitoïdes associés, qui se déclinent en moulons de faciès (que la notice de la carte n°1127 s’efforce de répertorier aussi exhaustivement que possible et de décrire en détail). Ces granites sont recoupés par d’assez nombreux dykes de roches magmatiques basiques ou acides (basaltes, gabbros, andésites, rhyolites, etc). Point intéressant pour nous : beaucoup de ces roches, que ce soit les granites/granitoïdes ou les filons magmatiques, présentent des faciès porphyroïdes, avec de gros cristaux automorphes de divers minéraux (5mm à 5cm), pris dans une matrice à grain plus fin. Comme c’est le cas pour la roche présentée ici. En outre, pour plusieurs des faciès décrits dans la notice de la carte n°1127, il est indiqué que les feldspaths sont saussuritisés, ce qui nous renvoie à l’Epidote ou à la Zoïsite.
  5. Bonjour Le minéral vert qui cristallise en gerbes de fines baguettes est vraisemblablement de l’Epidote. Pour au moins une des inclusions, les cristallisations d’Epidote semblent présenter un contour polygonal bien net. Et dans au moins un cas, ce polygone est un hexagone assez régulier. Cela suggère que l’Epidote aurait remplacé des cristaux (ou groupes de de cristaux ) d’un autre minéral présent antérieurement : - soit que ce minéral ait été dissout, l’Epidote étant venue remplir ultérieurement l’empreinte vide du cristal disparu, - soit que le minéral préexistant ait été transformé sur place en Epidote, sous l’effet d’un processus de métamorphisme. La première hypothèse semble être la plus probable, dans la mesure où le remplissage de l’hexagone semble incomplet par endroits. A noter également que le minéral remplacé se présentait apparemment en cristaux bien nets, et de dimension importante comparée à celle des autres éléments constitutifs de la roche grise. Il existe divers minéraux dont les cristaux sont susceptibles de présenter une section de forme hexagonale dans certains plans de coupe : par exemple le Quartz, la Calcite, diverses espèces de feldspath, diverses espèces de mica, diverses espèces de pyroxène, ou encore les différentes espèces du groupe des grenats (pour ne citer que des espèces courantes et plus ou moins ubiquistes). Trouvaille intéressante, qu’il conviendrait d’interpréter à la lumière du contexte géologique local, que je ne connais pas du tout malheureusement.
  6. Biais professionnel : le cristallographe se satisfait souvent de spécimens immondes, dès lors qu’ils présentent "suffisamment" de faces cristallines; et pour les systèmes de haute symétrie quelques faces suffisent... Sinon il y avait également dans la collection Gruson quelques spécimens alpins, dont un fake de Knappenwand de 1893 très inspiré, plus vrai que nature ! A rechercher dans la section "SHOP", car non vendu à ce jour, avec par exemple les filtres "Austria" et "ex-: Otto Gruson").
  7. Une info pour les aficionados de minéraux d’Alsace : Dan Weinrich vient de disperser la collection minéralogique d’Otto Gruson (1863-1929), qui contenait plusieurs spécimens provenant d’Alsace, acquis dans les toutes premières années du 20ème siècle (avant 1914), et dont certains me paraissent valoir le coup d’œil, voire même être des spécimens d’importance significative pour le patrimoine minier alsacien. Ceci dit, n’étant pas féru de minéralogie alsacienne, je suis mauvais juge de leur importance. Pour les voir, en photo et en vidéo, il faut aller dans la section "Archive" du site de Dan Weinrich (spécimens vendus), et filtrer la localité (France) et la collection d’origine (ex- : Otto Gruson). Otto Gruson descendait d’une lignée de Parpaillots français réfugiés en Allemagne suite à la désastreuse révocation de l’Édit de Nante. Ils y ont fondé et développé des entreprises de métallurgie et d’armement qui jouèrent un grand rôle dans le complexe militaro-industriel allemand (l’entreprise de Hermann Gruson, oncle d’Otto, fusionna avec Krupp sous la pression du Reich, qui voulait éviter une concurrence fratricide entre les deux entreprises, et du même coup créer un groupe géant). Ceci pour expliquer qu’avant 1918 Otto Gruson disposait d’un accès privilégié aux minéraux alsaciens, puisque l’Alsace était sous administration allemande, depuis 1870 et la proclamation de l’unité allemande et du premier Reich dans la galerie des glaces du château de Versailles. J’ai noté : - un spécimen de Phénacite de Framont / Schirmeck, - une Proustite de SMAM (Gabe Gottes), - un Arsenic natif de SMAM - une Tétraédrite sur Dolomie, et deux spécimens de Whewellite sur Sidérite, provenant de la mine Sylvester / Urbeis. Plusieurs de ces spécimens ont été sélectionnés et vendus à Otto Gruson par Henri Ungemach. La Phénacite, la Proustite, la Tétraédrite et une des Whewellite me semblent être des spécimens d’exception. En tenant compte - bien sûr - du fait que les collectionneurs de minéraux de cette époque n’étaient pas entravés par les mêmes critères "esthétiques" qui règnent ici et maintenant...
  8. J’ai eu la même réaction que Michel de Champigny, car le terme damasquiné suppose la présence d’incrustations... La description de ce genre d’ornementation en microrelief me pose également problème. Les anglo-saxons utilisent le qualificatif "etched” et le substantif "etch pits"; mais il ne semble pas exister de terme consacré en français. J’ai finalement retenu pour mes descriptions - faute de mieux - les termes "guillochage", "aspect guilloché", ou "ornementation de microglyphes". Mais s’il y a mieux je suis preneur. Bien sûr, on peut parler - le cas échéant - de "figures de dissolution" ou de "figures de croissance", mais encore faut-il savoir s’il s’agit bien de dissolution ou de croissance. Dans certains cas, ce n’est ni l’un ni l’autre.
  9. En effet beau spécimen.
  10. Selon la page "Goethite" de Mindat : pas de macle reportée pour la Goethite; voir les macles du Diaspore qui lui est isostructural. Cela n’aide pas vraiment. En revanche, ce qui aide mieux, c’est la photo d’un spécimen de Restormel (Cornwall), qui présente un bouquet de cristaux prismatiques à terminaisons nettes, où l’on distingue plusieurs sections proches du cerf-volant, avec différents degrés de réduction des deux rectangles accolés par la macle en miroir (le cerf-volant correspond à la réduction maximale, où il ne reste que deux triangles rectangles accolés en miroir).
  11. Coucou Alex... et les autres Les photos sont de grande qualité, et la quatrième photo nous offre de magnifiques sections cristallines, au niveau du débouché des inclusions aciculaires à la surface du Quartz. Bien sûr il y a de la distorsion, due en particulier au fait que les aiguilles ne sont - a priori - ni perpendiculaires à la surface du quartz, ni parallèles à l’axe de prise de vue. Ceci dit on distingue : - une section en forme de "L" - plusieurs sections complexes constituées semble-t-il de rectangles agglomérés - une section en "cerf-volant" La Goethite est orthorhombique, et de ce fait les sections constituées de rectangles agglomérés, et donc le "L", sont compatibles avec ce minéral. En revanche, la section en cerf-volant n’est absolument pas compatible avec un cristal orthorhombique simple, car elle ne présente qu’un plan de symétrie contenant la direction d’allongement du cristal, alors qu’il en faudrait deux... Elle pourrait cependant être compatible avec une macle; mais je ne connais pas les macles de la Goethite, que j’ai rencontrée seulement en encroûtements mamelonnés fibroradiés.
  12. La Union : un secteur minier légendaire, déjà exploité par Rome pour le plomb et accessoirement l’argent.
  13. Ce spécimen est de très grande qualité dans la catégorie "Tom-pouce" (tentative de francisation de "thumbnail / TN").
  14. Bonjour Je ne saurais vous répondre. Mais merci pour ce clin d’œil à Boucher de Perthes, un de ces savants de la charnière 18-19ème siècles, à la personnalité attachante et à la biographie passionnante, au sein d’une époque politiquement mouvementée. Son activité à un haut niveau dans les douanes ne l’occupait semble-t-il que très partiellement, tout en lui permettant de voyager dans toute l’Europe. Il mit à profit très utilement ses loisirs pour promouvoir le concept d’homme préhistorique, et le défendre inlassablement au milieu de rudes et longues controverses. En même temps violoniste virtuose et écrivain... Une référence : "Boucher de Perthes : inventer la Préhistoire". Léon Aufrère - 1940. Réédité par le CNRS en 2018 pour le 150ème anniversaire de sa mort.
  15. Merci. C’était sur le cube aux arêtes bleues, face de droite. Je voyais un dièdre rentrant délimité par un losange, l’arête du dièdre en position subverticale sur l’image. C’était donc en-effet un trompe l’œil. Et ce que j’interprétais comme l’arête du dièdre était peut-être la trace d’un clivage octaédrique sur la face du cube (ces clivages dont l’absence m’étonnait). Fluorite confirmée.
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