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Bourse minéraux Sainte Marie aux Mines 2026, avec fossiles et gemmes.
Bourse minéraux et fossiles de Sainte Marie aux Mines (Alsace) - 24>28 juin 2026

BUT

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  1. Bonjour Stef4412, si l'on se réfère à mon texte non tronqué, on peut constater que dans le paragraphe que vous citez - incomplètement - je traite des roches initiales, avant métamorphisme. Sinon, dans mon texte de 42 lignes, le préfixe "méta-" figure huit fois (dans les mots "métadolérite" et "métamorphisme"), et le mot "rétromorphose" figure quatre fois. Le caractère métamorphique de ces roches me semble donc martelé de façon claire, intelligible, répétitive ad nauseam, et sans la moindre ambiguïté.
  2. Bonjour Il y a un article intéressant, en accès libre sur internet, concernant ce secteur : "Géologie et métamorphisme du complexe ophiolitique de la Haute-Ubaye (Basses-Alpes, France)" Dieter Markus STEEN Bulletin suisse de Minéralogie et pétrographie. 55, 523-566, 1975 Ce qui suit provient essentiellement de ce document (et très accessoirement de ce que j'ai pu voir sur place, car j'y suis allé mainte fois dans les soixante dernières années). Il y a énormément de roches et de faciès rocheux dans ce secteur. Mais, fondamentalement, les formations affleurant sur le versant Sud du Pelvat de Chabrières sont: - des métadolérites dans sa moitié Ouest, là où vous avez pris la photo et ramassé le caillou; - des marbres et "jaspes" dans sa moitié Est (résultant du métamorphisme des tout premiers sédiments déposés sur le fond océanique : calcaire et radiolarite). Les dolérites initiales ont été inégalement mais dans l'ensemble fortement modifiées par le métamorphisme alpin, avec passage dans le faciès "schiste bleu", et pour une partie rétromorphose dans le faciès "schiste vert". A l'origine, il s'agissait de dolérites grossières à texture intersertale (verre dans les interstices entre cristaux). Les minéraux essentiels anté-métamorphiques étaient : Feldspath (Albite; cristaux typiquement entre 2mm et 1cm), Augite, Hornblende, Fe-Mg Chlorites. L'auteur de l'article distingue trois types de dolérite initiale en fonction de la répartition de ces minéraux. Une dolérite étant un "microgabbro", je suppose qu'une dolérite grossière se rapproche d'un gabbro fin. Donc le terme gabbro est sûrement acceptable. Mais, dolérite ou gabbro, ces roches ont subi un métamorphisme significatif. Lors du métamorphisme alpin, toute une série de cristallisations et de transformations se sont produites. Les minéraux suivants sont apparus, par ordre chronologique : - Lawsonite (dans les lattes d'Albite). - Chloromélanite (pyroxène sodique envahissant les cristaux d'Augite). - Pumpellyite - Amphibole bleue souvent zonée (Crossite --> Glaucophane) - Ferristilpnomélane - Mica blanc - Actinote - minéraux du groupe de l'Epidote - Fe-Mg Chlorites - Calcite : cristallisation tardive envahissant le Feldspath, ou se substituant à l'Augite en association avec la Chlorite - Ilménite leucoxénisée et Sphène - Pyrite Ces roches sont donc un affreux pucier à l'échelle micro. Et pour que la fête soit complète, les minéraux de métamorphisme apparus les premiers, lors du métamorphisme faciès "schiste bleu", ont pu être plus ou moins complètement substitués par les plus récents, lors de la rétromorphose. Ainsi par exemple, certains cristaux de Lawsonite ont été ultérieurement transformés en Stilpnomélane, Chlorite, Clinozoïsite-Epidote, ou remplacés par de la Calcite, voire même retransformés plus ou moins complètement en Albite. Dans ce dernier cas les cristaux d'Albite initiaux - bien formés avec macles reconnaissables - sont devenus au terme du processus des agrégats de micrograins d'Albite, avec des tas de reliques des divers minéraux apparus puis disparus. De même, dans les zones qui ont subi la rétromorphose "schiste vert", l'Amphibole bleue a disparu au profit d'autres minéraux. Pour en venir enfin à votre caillou, on peut supposer qu'au moins une partie des zones blanches étaient à l'origine des cristaux d'Albite, qui ont été plus ou moins transformés et remplacés par d'autres minéraux. Mais l'Augite a également pu être substituée en partie par des minéraux clairs. Faute de pouvoir réaliser une lame mince, un test utile serait de voir si le caillou fait effervescence en présence d'acide chlorhydrique dilué, ce qui indiquerait la présence de Calcite. En effet, si la Calcite est présente, cela signifierait que le caillou a subi - ou au moins entamé - une rétromorphose du faciès "schiste bleu" vers le faciès "schiste vert". Sinon les photos font envie, avec la Tête de Malacoste, le Rubren et le Monte Salsa en arrière-plan; j'espère y retourner un jour, qui sait?
  3. Variolite stricto sensu non, en tout cas pour la plupart des galets. Serpentinite et métagabbro tout à fait possible, provenant du bassin versant amont du Rhône, en Suisse et même secondairement en France (Chablais : nappe des Gets).
  4. Je ne sais pas le faire; mais en tapant le titre - même approximatif - sur votre moteur de recherche, vous tomberez sur l’article. Toujours à propos de la crise messinienne, au 19ème siècle, certains ingénieurs visionnaires ont envisagé de barrer le détroit de Gibraltar de façon à contrôler le débit d’entrée d’eau dans la Méditerrannée, et de stabiliser le niveau de celle-ci à cent ou deux cents mètres sous le niveau actuel. L’objectif de ce projet démiurgique était double : gagner des terres sur la mer, et produire une quantité colossale d’électricité en turbinant le débit transitant de l’Atlantique vers la mer.
  5. Après un peu de recherche bibliographique, j'ai la réponse à ma question, au moins pour les affleurements en bordure du Tanaro : ce sont en effet des sédiments d'âge Messinien, déposés dans une lagune côtière qui pouvait communiquer temporairement avec la mer (présence de fossiles de poissons marins dans certains niveaux), mais avec des marqueurs géochimiques suggérant une provenance continentale des sulfates (sans doute par lessivage de terrains permiens ou triasiques). Référence : "Conditions de dépôt du Messinien évaporitique des environs d'Alba (Piémont) : arguments paléontologiques et isotopiques". Jean-Charles Fonte (Laboratoire d'Hydrologie et de Géochimie isotopique d'Orsay), Annick Filly (d°), Jean Gaudant (UA720 du CNRS Paris).
  6. Bonjour A propos de l'origine de ces masses de gypse près de Coni, il me vient un doute : êtes-vous sûr qu'il ne s'agirait pas là de gypse d'âge triasique, bien plus ancien donc que les évaporites liées à la crise messinienne ? Si ces sédiments ont été soulevés par l'orogénèse alpine comme vous l'écrivez, il y a des chances pour qu'il soient plus anciens que la crise messinienne qui est un évènement relativement récent (6 millions d'années), survenant plutôt à la fin de l'orogénèse alpine. En outre, même si mes connaissances en paléogéographie sont limitées, il me semble que la région de Coni n'était plus sous la mer à l'époque. En fait les évaporites formées pendant la crise messinienne sont restées sous le fond de la Mer Méditerrannée, protégées par une couverture de sédiments continentaux déposés pendant la crise, avant le re-remplissage zancléen. Ceci dit, la crise messinienne est en effet un évènement fascinant, qui redonne du lustre aux théories catastrophistes, au même titre que les chutes d'astéroïdes ou les super-crises volcaniques. Dans son ouvrage de vulgarisation "Les mondes d'hier", le jeune (et brillantissime) paléobiologiste écossais Thomas Halliday dédie un chapitre très vivant à la crise messinienne. Selon lui, le re-remplissage de la Méditerranée, très violent pour ne pas dire cataclysmique, n'aurait pris que quelques années, peut-être seulement deux ans. Et il aurait existé passagèrement près de Malte, au niveau du point bas du seuil sicilien (entre les bassins occidental et oriental), une cataracte gigantesque de 1500m de hauteur, avec un débit 500 fois plus élevé que celui de l'Amazone.
  7. De belles pièces. Merci.
  8. Bonjour Santa Coloma de Gramelet, juste à côté de Barcelone.
  9. En effet. Tout comme la Place de l'Etoile à Paris... L’adjectif qualificatif du département 04 n’ayant pas changé, je reformule ma remarque de façon administrativement correcte : "Joli spécimen, provenant d’une localité basalpine et non hautalpine". En espérant que cette nouvelle version ne dissimule pas quelque affreuse contrepèterie.
  10. Joli. Mais cela provient des Basses Alpes (04).
  11. Exact : Albite plus probable. Il est possible qu'on distingue confusément une macle sur certains cristaux vus sur la tranche (la macle avec les deux faces presque coplanaires, à 7° près).
  12. Bonjour Je miserais volontiers également sur Panasqueira. L’association minérale est compatible. Il n’y a pas de Tétraédrite sur ce spécimen : comme l’a signalé jojo38 les cristaux en "crête de coq" pourraient bien être de la Marcassite. Il y a au moins un cristal de Ferbérite, gris foncé presque noir. De la Chalcopyrite (deuxième photo). Probablement aussi de l’Arsenopyrite, notamment sur la troisième photo en haut à gauche, juste devant l’index. Pour la Sidérite, deux habitus sont présents sur la pièce : - Un habitus rhomboédrique avec des cristaux simples ou complexes, polysynthétiques (dernière photo en bas). - Un habitus en tablettes hexagonales aplaties, avec zonation concentrique de couleur, qui est assez caractéristique de la localité (même si pas exclusif). Ces tablettes peuvent être isolées, groupées en rosettes, ou groupées parallèlement pour former de gros édifices complexes : on voit les trois sur la deuxième photo.
  13. Il existe des spécimens du Brésil avec des grenats sombres et des micas très noirs. Ceci dit, ma connaissance des localités est trop insuffisante pour me permettre de proposer une origine de façon catégorique. Quant on connaît très bien une localité, on a "le faciès dans l’oeil", et l’on peut être en mesure d’affirmer une origine sur la base de détails impalpables, avec une quasi certitude. C’est un peu l’aphorisme spinozien : "Veritas enim index sui, et falsi” ...
  14. De fait cette association "Almandin"-"Biotite" - avec des guillemets d’approximation pour les deux espèces - se rencontre dans diverses localités de plusieurs pays : Norvège, Brésil, Russie, USA, Canada, Portugal, Italie ... (sans prétendre à l’exhaustivité). Sur la base de mes connaissances et des photos fournies, je suis incapable d’assigner une localité particulière à ce spécimen; mais peut-être jojo38 a-t-il repéré un trait ou un ensemble de traits qui "signent" la localité de Tiltvika.
  15. Bonjour Des choses similaires ont été trouvées également au Brésil (entre autres).
  16. Pas très courant en effet. Il s’en est trouvé dans les roedingites d’Italie, entre autres.
  17. Bonjour Peut-être noyaux d’Albite et auréoles de Chlorite, une espèce de variolite?
  18. Le jugement de Dieu, aurait-t-on dit au Moyen-Age. C’est vrai que dans les années 1980, quand les minéraux des Maramures sortaient en masse des mines, c’était moyennement intéressant de se donner la peine de faire des faux. Mais en 2017 les mines étaient fermées depuis longtemps.
  19. En effet le gisement de Portezuelo de Pajas Blancas fut découvert en 2003; son intérêt est plus scientifique que commercial, et il n'est pas exploité, à part pour les collectionneurs. Et de manière générale pour l'Amérique du Sud les gisements de Saphirs d'intérêt sont ridiculement peu nombreux. Sinon l'Australie a fourni des Saphirs alluvionnaires en tablette ou en tonnelets (Tasmanie, New South Wales entre autres).
  20. Le cristal bien bleu pourrait être étoilé. A Madagascar, la présence de Corindon avait été détectée déjà du temps de la France, mais la découverte de Saphirs de grande qualité et leur exploitation remontent seulement à la deuxième moitié des années 1990. Pour Ilakaka, la première découverte est le fait d'un Français (J. Delorme / fin 1997). Le temps qu'il obtienne un permis d'exploitation, il y avait déjà cinq mille prospecteurs sauvages sur le site début 1998... Au début les exploitants se sont fait rouler dans les grandes largeurs: des négociants venaient toutes les semaines de Suisse ou des Pays-Bas (entre autres) et emportaient des pierres de qualité exceptionnelle à des prix fort intéressants pour eux. Je ne sais pas où en sont les choses aujourd'hui. Pour l'anecdote, les montagnards des hautes vallées du Cachemire qui ont les premiers descendu "à la ville" des cristaux de Saphir de grande qualité les avaient échangés poids pour poids contre ... du sel.
  21. Chili ? Je propose cette origine parce qu’on distingue - sur un des cristaux - ce qui pourraient être des traces de Boehmite rouge et de modelage éolien. Je laisse le dernier mot à @antakari en tant que très bon connaisseur du gisement.
  22. Suite de mes investigations : - D’après la carte géologique, les terrains affleurant en forêt d’Arne sont les "cailloutis de la Forêt de Chaux”. Cette formation, épaisse de plusieurs décamètres (jusqu'à 100m localement), s’étend sur une aire de 40km par 12-15km entre le cours du Doubs et la bordure Ouest des Monts Jura. Ces cailloutis comportent une fraction importante de roches d’origine Alpine, et ressemblent beaucoup à certaines alluvions repérées dans le Sundgau, au Sud de la plaine d’Alsace. - D’après les géologues et les paléogéographes, ces cailloutis furent déposés par le "Rhin-Doubs", un énorme fleuve qui draina le Jura et une bonne partie de la Suisse actuelle, pendant une "courte" période d’environ 600 000 ans au Pliocène (entre 3,2 et 2,6 Ma BP). A cette époque, pour une raison qui fait encore débat, le Rhin et l’Aar ne pouvaient plus s’écouler vers le Nord à travers le Fossé Rhénan (qui existait pourtant déjà). De ce fait ils ont été capturés par le Doubs, dont la partie Nord du tracé passait non loin. Juste avant sa confluence avec la Saône, ce fleuve traversait un grand lac qui occupait le Fossé Bressan (actuelle Plaine de Bresse), et les cailloutis de la Forêt de Chaux constitueraient le delta du fleuve à son entrée dans le lac. En fait la Saône se jetait elle aussi dans ce Lac Bressan. L’exutoire du lac devait être imposant. - L’Aar et le Rhin traversent tous deux le Bassin molassique suisse sur de nombreux kilomètres. Il est donc tout à fait probable que les cailloutis de la Forêt de Chaux contiennent des galets provenant de conglomérats molassiques. Je tâcherai de mettre une carte explicative si j’en trouve une libre de droits. Il y en a une - d'une grande clarté - à la page 125 du livre "Montagnes du Jura - Géologie et paysages - Vincent Bichet et Michel Campy".
  23. C’est bien réalisé : ils ont réussi à créer une génération de petits cristaux orangés et une génération de gros cristaux rouges; ils ont réussi (je me demande comment) à obtenir des formes complexes polysynthétiques, alors que les cristaux de ferricyanure de potassium de synthèse ont d’habitude des formes simples. Et ils ont même pensé à rajouter localement un enduit gris sur les cristaux rouges...
  24. Bonsoir Fred39 Cause possible : cavitation ponctuelle par le mécanisme de pression-dissolution aux points de contact entre galets contigus, en présence d’un écoulement de la nappe phréatique, et de contraintes élevées dans le dépôt de galets (forte couverture, ou même contraintes tectoniques). On parle de "galets impressionnés", ou "cupulés". Les galets impressionnés sont fréquents dans le Poudingue de Valensole, ainsi que dans les niveaux conglomératiques inclus dans les molasses miocènes péri-alpines (Terres froides, Savoie, Haute-Savoie, Pays de Gex, Sillon molassique suisse, etc). Ces formations étaient localement très épaisses : plusieurs centaines de mètres, voire jusqu'à 2000 mètres. Et en plus, les molasses péri-alpines ont supporté à un moment de fortes épaisseurs de glace (plus de 1000 mètres). Des contraintes relativement élevées ont donc pu s'y développer. Enfin, dans un conglomérat à ciment molassique, les contraintes tendent à se concentrer très fortement sur les points de contact entre galets, parce que le ciment est sensiblement moins raide que les galets. Voir une image de galet impressionné sur: "Géol-Alp Molasse et conglomérats miocènes Galets impressionnés". Les galets impressionnés sont plus souvent calcaires (donc relativement solubles), et l'on peut conjecturer que les cupules proviennent du poinçonnement par de plus petits galets non calcaires (c'est en tout cas une des thèses ayant pignon sur rue). Les cupules se forment suite aux deux phénomènes de poinçonnement-écrasement local et de dissolution-évacuation de la "farine" générée par l'écrasement. Mais la cupulation fonctionne aussi avec des grès à ciment calcaire, et même avec des grès à ciment non calcaire, la cavitation résultant alors du seul poinçonnement mécanique, avec écrasement local et départ de grains. Elle fonctionne même avec des galets de quartz, comme c'est expliqué dans un article de Planet-Terre de l'ENS LYON, à propos des galets impressionnés d'un poudingue triasique basque; mais dans ce cas il y aurait eu des contraintes tectoniques, sans doute sensiblement plus élevées que celles dues au simple poids des terres. J’ignore s’il existe des molasses miocène dans le Jura. Je vais regarder. Mais on peut également se demander si des galets provenant de la molasse de Haute-Savoie, du Pays de Gex ou du Sillon suisse n’auraient pas pu être transportés par les glaciers par-dessus le Jura, et libérés à la fonte des glaces sous forme de placages glaciaires.
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