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Les anciennes collections de minéraux


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Dans la lignée du sujet d'Olif sur le devenir de la minéralogie en France, je propose ce sujet afin de connaitre la manière dont ont été constituées les anciennes collections dont il est fait référence de temps à autre sur le forum (notamment par Alain Martaud, Alain69, les Frangins et j'en oublie certainement).

Pour la majeure partie, corrigez moi si je me trompe, les grandes collections datent du début du XXè siècle. Qui étaient ces collectionneurs de l'époque ? Des gens qui avaient les moyens de s'offrir ces pièces ou alors simplement des gens de "science" qui portaient un regard sur ces merveilles de la nature ?

Le point le plus intéressant, qui faisait l'objet de mon questionnement ce matin sur un autre sujet, concerne la gestion de ces collections après la mort des collectionneurs. Je crois avoir compris que certaines collections avaient déjà été revendues bien avant la mort des protagonistes (spéculation ?). Ont-elles réussi à rester groupées ou alors ces collections ont-elles été scindées et éparpillées de par le monde (ce qui doit être le cas pour que l'on retrouve ainsi d'anciennes pièces issues de vieilles collections françaises de l'autre côté de l'océan)?

Est-ce que le prix de ces pièces est, de nos jours, plus en relation avec l'étiquette (le nom de l'ancien collectionneur en quelques sorte) ou alors en rapport avec un lieu, une espèce minérale peu représentée ...

Légèrement brouillon dans mon écriture ce jour, vous aurez compris, j'espère, le sens de ce post.

La finalité étant la gestion des anciennes collections durant le XXè siècle.

:sourire:

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2 petites remarques pour ajouter au scmilbilick :

- je crois qu'il y a des écrits sur le sujet dans la revue L.R.M, l'auteur est A. Martaud je crois (qu'il m'excuse si je fais erreur) mais pas sur car je les ai pas sous les yeux vu que 6500 Kms me séparent de ma boite aux lettres...

- En fait la 2ème remarque m'a échappé, ça va me revenir plus tard.

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promis j'ai payé personne pour qu'ils te répondent tous de lire mon article du LRM.... :coucou!: :super:

les grandes collections ont débutées à la fin du 18 ème siècle, quelques unes plutôt ! Il y a un numéro du Min rec sur le sujet"history of minéral collecting"

les très grandes collections sont souvent de la deuxième moitié du 19 siècle et bon nombre d'échantillons que nous avons présentés en proviennent; moi j'en suis fou..

Théo, vu tout le nombre de bons cailloux historiques que tu as tu pourrais un peu nous en montrer???

Alain

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Romé de L'isle, Haüy, De Lavoisier, Guetard, de la Bouglise,de Mauroy,Davila,Canfield,Bement,Poondorf,Vésigné,Girona,Carrière,Krantz,Vaux,Bally-Prior,Ungemach,Behier, Chervet,Geoffroy,Sainfeld,Payot,chermette,de Bournon,gueymard,Sage,brochant de villiers,adam,De Drée,bertrand,Cumenge,Gillet de Laumon,Pierpont Morgan,Russel,Ashcroft,,Heuland,Rashleigh,Pisani,bombici,de Saussure et beaucoup d'autres.....................

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je dirais (mais je peux me tromper ..) systématique, facies, cristallo..........découverte de la minéralogie ....

d'ailleur on est toujours dans cette dernière phase : on cherche toujours du nouveau !! que ce soit en gitologie ou en espèces ...

l'esthetique n'était pas LA priorité bien que pour certains essayaient d'allier les deux .

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En parlant d'anciènnes collections ...qui sait ou est passée celle-là ? ;)

je sais ça date un peu , j'ai récupéré ce catalogue au Muséum , celui-çi partait à la poubelle ...

Si vous saviez les minéraux exposés pour l'occasion , ça vous démoraliserait pour la fin de la semaine ... ;)

à+

eric94

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Comme marqué sur la couverture, cette "collection" a été offerte au museum par le banquier Pierpont-Morgan, l'homme le plus riche du monde en son temps, qui a fait d'autres dons au museum, et son fils et héritier aussi (de mémoire). D'ou qq ttb spécimens US au museum à Paris, comme la kunzite de Californie, une des 2/3 meilleurs de la localité, etc. Un des rares "gros" dons à un musée minéralogique en France, avec de "vrais" bons "cailloux" (versus des choses qui sont en tiroir depuis 100 ou 200 ans et qui n'en sortiront jamais). Ceci n'est pas vraiment une collection, de mémoire, c'est un ensemble de spécimens réunie par Kunz, pour Tiffanie son employeur, l'info doit être récoupé par les publications sur ce sujet, il y a diverses donnations US à Paris de Pierpont-Morgan (2/3 dons), avec chacune une histoire propre. Tout comme les marchands de nos jours, Kunz assemblait des séries de spécimens qu'il vendait, pour lui ou son employeur Tiffanie, en gros :-). Noter que Pierpont-Morgan n'était pas collectionneur de minéraux, juste mécène, il achetait des collections ou ensembles, qu'il offrait à des institutions, il a aussi acheté diverses collections, ensuite offerte à l'American museum ou/et la smithonian.

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Leur collection était-elle orientée, à cette époque ... systématique, faciès, esthétisme, par espèce, tout ce qu'ils extrayaient ou simplement ce qu'ils ont découvert ?

Y a-t-il des courants flagrants définissant des époques dans l'orientation de la collection depuis 200 ans ?

je dirais (mais je peux me tromper ..) systématique, facies, cristallo..........découverte de la minéralogie ....

d'ailleur on est toujours dans cette dernière phase : on cherche toujours du nouveau !! que ce soit en gitologie ou en espèces ...

l'esthetique n'était pas LA priorité bien que pour certains essayaient d'allier les deux .

bonne réponse 1 frangin! ceci dit c'est pas vrai pour tous...

Alain

Et bien, je vais à l'encontre de ce qu'avance notre 1frangin et qui est par alain martaud -cela m'étonne alain ;-).

Il y a eu d'abord des collectionneurs avec les wunderkammer ou chambres des merveilles, puis des cabinets d'histoire naturelle, et de ces cabinet des collections plus spécialisées minéraux, plante, animaux, chacun se "spécialise".

Des les années 1760/70, gros business autour des "minéraux", car il y a de nombreux collectionneurs.

A Paris, d'importantes ventes sont organisées par Forster en 1760, 1769, 1772, 1780, 1783. D'autres négociants font de même et de très nombreuses autres ventes dispersent des collections. De très complets catalogues sont réalisés pour ces ventes, ceux de Forster furent réalisés par Romé de l'Isle.

Romé de l'Isle commence "dans la vie" en redigeant des catalogues de vente aux enchères, recommendé en cela par sage à diverses personnes, et restera un "expert" des spécimens de collections.

Les collectionneurs recherche de "beaux" objets, et sont en compétition les uns avec les autres pour avoir le meilleurs. Des catalogues sont publiés pour montrer l'importance de telle ou telle collections, ou pour faciliter la vente de celles-ci.

Attention, les "beaux" spécimens de l'époque nous seraient bien "modeste" dans la majorité des cas. Une suite de minéraux du Vésuve à la fin du 18ème est un must, pour nous = "stone" (je ne prend pas en compte l'intérêt historique des spécimens, juste leur qualité intrinsecte).

Extrait de l'article "Histoire de la collection et du commerce des minéraux" de F. Delporte, accessible là :

Le XVIIIème siècle, siècle des " lumières "

Au 18ème siècle, un important réseau de prospecteurs et de commerçants alimente les collections privées puis les collections publiques qui apparaissent peu à peu.

En Grande-Bretagne, Hans Sloane (1660-1753), mythique inventeur du chocolat au lait, constitue une très importante collection. Très actif, il achète en 1702 la collection de WillIam Courten de 10.000 spécimens qui étaient jusque là présentés au public dans son musée privé à Londres. Un de ses agents mandatés pour l'approvisionner achète en 1711 à Leiden la collection du Dr Hermann. A sa mort, sa collection est vendue à l'état, de même qu'une bibliothèque de 46.000 livres. L'état Britannique s'en servira comme fond pour créer le British Museum qui sera ouvert en 1759. Le British Museum vendra aux enchères une partie de la collection Sloane en 1803, soit 2000 spécimens " en double ", et 1700 autres en 1816. Une autre figure majeure de la minéralogie britannique fut le comte de Bute (1713-1792) qui réunira une collection de 100.000 spécimens.

James Smithon (1765-1829) légua au gouvernement des USA une somme colossale, soit 105 sacs de 1000 souverains en or, avec comme instruction testamentaire la création d'une institution, notamment destinée à accueillir sa collection de minéraux qu'il légua également. Le congrès américain votera en 1846 la création de la " Smithonnian Institution " à Washington. Le gouvernement du Portugal acheta la collection Karl Pabst Von Ohain (1718-1784), mentor de Werner, père de la géologie moderne, et l'enverra à l'université de Rio de Janeiro, Brésil.

Ces quelques exemples montrent l'importance des collections au dix-huitième siècle dans toute l'Europe et laissent entrevoir la formidable mobilisation nécessaire pour les constituer.

Outre la France et le Saint Empire germanique, la Grande-Bretagne fut très marquée par la passion pour les spécimens minéralogiques dès le dix-septième siècle. On possède de nombreux écrits, livres, notes, courriers sur le négoce, les collectionneurs, les collections, notamment en Cornwall, Devon, Cumbria.

Un des plus importants collectionneurs britanniques, Philip Rashleigh (1729-1811), affirma en son temps : " les étrangers viennent dans le comté (Cornwall) aujourd'hui, et lorsqu'ils voient un spécimen qui leur apparaît joli, ils en donnent une forte somme, et les négociants ensuite pensent que toutes les choses qu'ils se procurent sont inestimables ".

Les affres de la passion pour les minéraux d'un ami de Rashleigh, John Hawkins, sont pris au vif dans une lettre qu'il lui adresse en 1802 : " Je n'ai ajouté à peine quoique ce soit qui vaille la peine d'être mentionné dans ma propre collection. Suite à cette vérité, mes moyens maintenant que je suis un homme marié ne sont pas à la hauteur. Le prix de fait des spécimens de qualité est devenu si énorme et j'ai maintenant tant de dépenses qu'ils sont honnêtement hors de ma portée ". Ce à quoi Rashleigh répondit dans une lettre du 01/11/1802 : " le coût pour se procurer des spécimens a augmenté de manière si extravagante que si ma collection n'était pas si importante aujourd'hui, je ne pourrais pas commencer maintenant ". " Les choses ne changent guère " est la deuxième loi mineure de Desautels. Il ajoutait " depuis 1933, tous ceux que j'ai côtoyés se sont plaints du prix élevé des spécimens minéralogiques...".

La collection de Hawkin fut dispersée en 1905 à Londres, le principal acheteur de la vente fut le négociant Allemand Krantz de Bonn.

Toutes ces grandes collections n'ont pu se créer qu'en symbiose avec un puissant et vaste réseau d'approvisionnement. Les spécimens et les collections voyagent...

Pour paraphraser Lavoisier, géologue, lui-même collectionneur, et surtout très impliqué ainsi que ses disciples dans les débuts de l'analyse chimique des minéraux à la fin du dix-huitième siècle, aucune collection ne se crée, aucune ne se perd, toutes se transforment : dispersion d'une collection, intégration des spécimens dans d'autres, vie des collections, ... La pérennité des collections est d'ailleurs assurée par la possibilité de " recyclage " des spécimens dans d'autres ensembles, cela par l'intermédiation d'un marché actif et dynamique. Qui négligerait ou malmènerait un ensemble patrimonial ayant une valeur financière connue ?

A la fin du dix-huitième siècle, de nombreuses boutiques spécialisées en Histoire Naturelle existent dans toutes les grandes villes d'Europe. Notons plus particulièrement celle de John Lavin, associé au " Lavin's Museum " à Penzance (Cornwall), au style Egyptien unique. Le négociant et collectionneur anglais J.Forster possède une boutique à Londres, tenue par sa femme, une à Paris tenue par son frère Henry. Forster possède également un pied à terre à St Petersbourg. Il y séjourne de façon régulière et prolongée car il achète et vend d'importantes quantités de spécimens en Russie. Il fut courtier en spécimens minéralogiques pour le roi d'Espagne Carlos IV et obtint de ce dernier l'octroi de la concession des mines de sulfure à Cadiz afin d'en extraire des spécimens de collection. C'est très probablement la première mention de l'exploitation d'un gisement uniquement pour alimenter le marché des spécimens de collection.

Un autre négociant anglais, John Mawe, est mandaté par le roi d'Espagne pour réunir une collection de minéraux anglais puis, comme minéralogiste pour le roi du Portugal, il passera les années de 1804 à 1810 au Brésil pour y collecter des spécimens. Mawe reviendra dans son pays natal où il s'occupera encore de minéralogie, contribuant en autres choses à la connaissance de l'apatite et de la tourmaline en Devon.

A Paris, d'importantes ventes sont organisées par Forster en 1760, 1769, 1772, 1780, 1783. D'autres négociants font de même et de très nombreuses autres ventes dispersent des collections. De très complets catalogues sont réalisés pour ces ventes, ceux de Forster furent réalisés par Romé de l'Isle.

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Romé de L'Isle avait d'ailleurs comme principale activité la réalisation de catalogues de collection et de vente, il en réalisera au moins quatorze. N'oublions pas que ce scientifique est un des pères de la cristallographie moderne. Il fut initié à la minéralogie par Balthazar Sage, créateur de l'école des mines de Paris.

Le premier travail de Romé de l'Isle fut la rédaction en 1767 d'une partie du catalogue de vente des collections de Pedro Franco Davila, un péruvien, citoyen espagnol résidant un temps à Paris. Les ventes aux enchères de collection de minéraux ne se comptent plus en cette fin du 18ème siècle. Celle de Davila comprenait 16.000 spécimens minéralogiques, 8.096 catalogués et environ 8.000 non décrits, le catalogue comportant en tout 40.000 objets. Parmi les acheteurs notons les minéralogistes Sage et Daubenton, le géologue Desmarest, les économistes Turgot et Quesnay, les architectes Belanger et Morel. Davila se constitua une deuxième collection. Elle fut échangée en 1771 à l'état espagnol contre une pension fort conséquente et une maison. De plus importantes collections furent créées puis vendues à cette époque.

La collection de 12.000 spécimens de Haüy, autre père de la cristallographie moderne, fut vendue en 1814 l'équivalent de plusieurs millions d'Euros à Richard Grenville, Duc de Buckingham. Elle séjourna en Angleterre avant d'être rachetée en 1848 pour le musée national d'Histoire Naturelle à Paris.

Le neveu de Forster, John Henry Heuland, lui succéda et organisa en 1808 la vente de sa collection, puis de son stock. Celui-ci fut vendu dans ce qui reste certainement la plus importante vente aux enchères de minéraux avec 5860 lots. Henry Heuland devint un extraordinaire négociant, avec une conception très actuelle de ce qu'est un " bon " spécimen. Il apporta au musée d'Histoire Naturelle de Londres des spécimens français majeurs : suite d'azurite de Chessy, macle de La Gardette, etc. Le père de Henry, Christian Heuland, fut lui-même négociant. Il se risqua à des expéditions de collecte de spécimens au Pérou et au Chili vers 1795-1800. Nombreux sont les musées du monde entier et les collections privées qui possèdent aujourd'hui des spécimens passés par les mains de Forster et de Heuland.

Il est toujours de coutume en cette fin du dix-huitième siècle de récolter dans les mines de " beaux spécimens de cabinet " afin de les vendre aux naturalistes, suivant en cela une tradition issue des sociétés minières du Saint Empire germanique.

A St Marie-aux-Mines, Alsace, Mühlenbeck rapporte que l'on découvrit dans la mine " Glückauf " en 1772 " de l'argent natif arborescent d'une telle beauté qu'on ne le fondit point, mais qu'on le vendit tel quel ". Nous savons par Reber que Beysser, curé luthérien de Mietersholz, ancien ministre de St Marie, et Mathieu des Essards, procureur du roi au siège prévôtal de cette même ville, collectaient des spécimens, correspondant avec Buffon et Nollet. Des Essards fournit le cabinet du roi Louis XVI en spécimens de " Rothgildigerz ".

Si Goethe fut l'écrivain et le poète que l'on connaît, il fut aussi chercheur en Sciences Naturelles, et collecteur-collectionneur de spécimens minéralogiques (1599 numéros à l'inventaire, collection générale de 18.000 spécimens en sciences de la terre). En 1779, Goethe est à Chamonix où il achète un beau spécimen de quartz fumé à Jacques Balmat, alors âgé de 17 ans. Balmat, fameux cristallier et en tant que tel un des pères de tous les alpinistes, fut le premier à gravir le Mont-Blanc avec Paccard en 1786. Balmat fournit également en spécimens De Saussure, Dolomieu, De Drée, Beudant, Brochant de Villier, Cordier. Dans son " voyage en Suisse ", Goethe narre son périple de 1797. Il nous décrit ses collectes de minéraux et ses achats : à " l'hospice " du col du Gothard, " la cuisinière nous a proposés des minéraux et nous a montré une grande quantité d'adulaires, en nous racontant où elle les avait pris. Comme la mode des minéraux change ! On veut d'abord des cristaux de quartz, puis des feldspaths, puis des adulaires, et maintenant du schörl rouge ". Goethe possédait plusieurs spécimens de St Marie-aux-Mines, notamment deux spécimens de smaltite et un spécimen d'aragonite coralloïde. Il possédait aussi, en autres, des spécimens des mines des Chalanches et de La Gardette, Isère, de Chessy, Rhône, et même des carrières de Montmartre ! Sa collection est de nos jours intacte et conservée à Weimar, Allemagne.

Lors de l'exploitation infructueuse de la mine d'or de La Gardette (Isère), le directeur Schreiber fit récolter et vendre " les échantillons instructifs pour leur valeur intrinsèque ou selon leur beauté pour en verser le montant dans la caisse de la mine ". Dans le cas présent, le produit de la vente de spécimens minéralogiques était un sous revenu de l'exploitation minière, ce qui a permis la conservation entre autres de très nombreux et fameux spécimens de quartz. Cette tradition s'est malheureusement perdue en France, elle aurait pu permettre la préservation d'innombrables spécimens lors des exploitations minières des années 1960-80. Seuls les concasseurs en ont profité...

Noter que dès 1770/80, "on" se plaint partout du prix des objets !!!

Et : Les choses ne changent guère " est la deuxième loi mineure de Desautels. Il ajoutait "depuis 1933, tous ceux que j'ai côtoyés se sont plaints du prix élevé des spécimens minéralogiques...".

Il y a eu ensuite avec l'apparition de la cristallographie une "nouvelle forme de collection", plus austère pour les collectionneurs. Haüy, qui a peu de moyens financiers à ses débuts, et qui n'est pas un collectionneur mais un pur scientifique lui va développer une collection de travail, à partir 1775/1780. Spécimen qui nosu semble assez modeste en eux même actuellement...

Il va ensuite y avoir deux mondes dans le domaines des minéraux, avec une frontière plus ou moins délimité, des collections de collectionneurs, et des collections de travail. Pour un chercheur, une bonne collection de travail pourra être constituer que de lames minces, qui permet des publications, cf les inventaires des gîtes minéralogiques du BRGM.

Sinon, le devenir des collections ?

Le plus souvent recyclée en totalité ou en partie dans d'autres collections privées, parfois/souvent via des marchands, souvent jeté "à la poubelle", rarement donnée à un musée public (souvent pas intéressé ou ne pouvant payer). / = conclusion d'ailleurs de l'article d'Alain Martaud dans le Règne Miénral" si je ne me trompe pas.

Voilà, rapidement ;), amicalement, Théo'.

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Plus que rapidement, c'est surtout ce que j'attendais en créant ce sujet. Très enrichissant, merci Ô Grand Administrateur ...

Finalement, ce qui reste après toutes ces années, ce sont surtout les "grandes" collections montées par une certaine classe de l'époque, pouvant se permettre de faire du mécénat (cela reste honorable, mais ne dissimule t-il pas une manière de se mettre en avant, plus que par un réel souci de "préservation" du patrimoine) ou tout du moins d'acquérir des pièces d'un certain niveau d'excellence (hors domaine scientifique pour les raisons évoquées plus haut). Les gisements productifs ont eux aussi évolués pendant ces 200 dernières années (gisements contemporains des collectionneurs), entrainant certainement des cycles sur les cotes de certains échantillons.

Ce qui est ahurissant, c'est d'entendre que les gens se plaignaient déjà du prix exorbitant de certaines pièces. Surtout si réellement la plupart d'entre elles ne constitueraient plus à notre époque des pièces de musée (pas assez "tape à l'œil"). L'aspect historique prend certainement alors le pli sur l'aspect purement visuel. Au passage, les pièces issues de ces anciennes collections sont elles chères de nos jours ?

Si l'on considère que la minéralogie ne s'arrêtait pas uniquement à ces "grandes collections", de nombreuses collections plus modestes (dans le sens d'une collecte plus personnelle, comme ce que la plupart d'entre nous font à l'heure actuelle) ont du certainement disparaitre avec le temps. De belles choses ont dues sombrer dans l'oubli le plus total.

L'histoire se répète, inéluctablement ...

;)

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Pour le prix des "cailloux" et la "mentalité" des collectionneurs, des extraits de ce qui a été utilisé pour faire les panneaux de l'expo "Des cristaux et des Hommes", visible au musée de Bourg d'Oisans :

Leschevin est à Paris, un puissant personnage, Ducros est le responsable de la collection minéralogique publique qui vient d'être crée à Grenoble.

Lettre du 18 octobre 1780 de Leschevin à ?, en possession du Père Ducros : « Je suis bien sensible à l’attention du Père Ducros, faites lui agréer mes très sincères remerciements pour les morceaux de Vizile et d’Alvard qu’il me destine, mais priés le très instamment de ne m’envoyer que du très beau, 60 morceaux de Vizile me paraisse bien considérable pour être de la même mine, priez le de ne m’envoyer que les plus beau morceaux de ces soixante, c’est à dire ceux chargés de cristaux bien conservés, de pyrite cubique, et de fer sphatique. Pour les morceaux ordinaires, je les ai, on les trouve dans tous les cabinets en grande quantité. Je ne connais pas les mines d’Allevard et il me fera grand plaisir de m’en envoyer quelques beaux morceaux, mais encore une fois, mon cher ami, j’aime mieux un très beau morceau que cinq cents médiocres, je vous dirai d’ailleurs que mon cabinet est trop beau pour y admettre du médiocre ».

Lettre de Leschevin 1781 : « Si les morceaux de shorl vert sont bien conservés, j’en serai enchanté, car je n’ai rien de beau en ce genre, tous mes morceaux sont mutilés, il n’y a pas une seule pointe de conservé, chez Sage et de l’Isle au contraire, il n’en manque pas une, il y a des filets comme des aiguilles et de la plus belle conservation, aussi sont ils bien fiers ».

Lettre de Leschevin à Ducros du 20 juin 1782, évoquant M. de Barral : « il ne m’a pas caché la misère ou vous étiez par le nombre d’apprentis en histoire naturelle, et par l’avidité de petits marchands qui achètent à tout prix pour vous apporter, mais ils en seront bientôt dégoutés car ils s’y ruinent, personne ne veut des drogues qu’ils apportent et plusieurs y ont déjà renoncé».

Lettre de Jurine du 22 mars 1786 : « […] notre proximité de Grenoble ne m’avait mis à même d’être pourvu de tout ce qui y a été découvert jusqu’à présent, par vos brocanteurs. »

Lettre de Leschevin, non daté : « je vous prie instamment de ne m‘envoyer que du très beau ou rien, car le médiocre se trouve à tous les instants, et nous le jetons hors de notre cabinet. […] j’espère que vous trouverez du véritablement beau, ce que grâce à vos soins pour l’emballage, je recevrez vos biens faits en bon état […] ».

Lisez et relisez ces texte, c'est du fin 18ème !

Et pourtant, rien n'a changé !

"je vous prie instamment de ne m‘envoyer que du très beau ou rien, car le médiocre se trouve à tous les instants, et nous le jetons hors de notre cabinet", et ce soucis de l'emballage derrière !

"ne m’envoyer que du très beau, 60 morceaux de Vizile me paraisse bien considérable pour être de la même mine, priez le de ne m’envoyer que les plus beau morceaux de ces soixante" & "j’aime mieux un très beau morceau que cinq cents médiocres" = la quantité ne m'intéresse pas, je veux juste les 4/5 meilleurs spécimens...

"tous mes morceaux sont mutilés, il n’y a pas une seule pointe de conservé, chez Sage et de l’Isle au contraire, il n’en manque pas une, il y a des filets comme des aiguilles et de la plus belle conservation, aussi sont ils bien fiers » = recherche de la qualité, pas de coup...

"l’avidité de petits marchands qui achètent à tout prix pour vous apporter, mais ils en seront bientôt dégoutés car ils s’y ruinent, personne ne veut des drogues qu’ils apportent et plusieurs y ont déjà renoncé" = pour mémoire, drogues = choses de peu de valeur, Leschevin évoque la pression que mettent tout un monde de petit marchand sur les prix, mais il pense que tout cela va disparaitre car ils n'ont pas compris que seul les ttb spécimens ont une "valeur"...

Etc.

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Finalement, ce qui reste après toutes ces années, ce sont surtout les "grandes" collections montées par une certaine classe de l'époque, pouvant se permettre de faire du mécénat (cela reste honorable, mais ne dissimule t-il pas une manière de se mettre en avant, plus que par un réel souci de "préservation" du patrimoine)
*

re :coucou!: !

Hum, ceal a été un peu/bcp discuté dans un autre sujet, il y a tjs, surtout en France un pb de rapport à l'argent, hérité de notre culture judéo-chrestienne-catho, qui "brouille" les reflections sur ce point.

On dénie souvent, voire systématiquement le droit aux collectionneurs "riches" d'être avant tout et surtout passionné par leurs collections, leurs objets...

Je vais aborder le pb différamment, histoire de changer un peu.

Collectionner est une maladie.

C'est un "pb" de santé mentale...

La phénomère de la collection, des collectionneurs a et est trés étudié par les psy...

Pas mal de chose à lire sur ce sujet, facilement accessible et lisable : LES COLLECTIONNEURS, APPROCHE PSYCHANALYTIQUE.

Y'a de la pub sur cette page, mais le texte est très bien :question:.

Texte très intéressant parce qu'on y aborde un peu la collection de minéraux.

En l'occurence :

"Je pourrais parler du colonel Vésigné, un des plus grands collectionneurs du monde, il a laissé une collection d'environ 2 ou 3 mil liards de francs actuels. Composée de minéraux, de bijoux Maya, Aztèque, d'objets pré historiques etc.

Et bien cet homme, pendant un moment, dé sirait avoir tout ; je me rappelle Mr Boubet, di recteur d'une grande maison qui vendait des pièces d'histoire naturelle, qui me disait : "Le colonel c'est un ami, mais si il vient lorsque j'ai un arrivage de minéraux, Boliviens par exemple, il me dira "d'accord Boubet, je vous les achète tous, mais à condition que vous n'en vendiez pas à un autre, je les veux tous chez moi !"Lorsque le colonel est mort, je me suis occupé de classer les échantillons desti nés à la Sorbonne, au Muséum…. je suis des cendu dans ses caves, dans ces caves il y avait des centaines de caisses qui n'avait jamais été ouverte !".

Qui parle ?

Claude Guillemin, "Perspectives Scientifiques", France Culture, le 18.1.92.

Claude Guillemin, qui a tjs travaillé pour l'Etat, à fini aux plus hautes-fonctions de l'Etat possible dans son domaine, Inspecteur général des mines, conservateur de la collection de l'Ecole des Mines, boss du BRGM, la rue où est le brgm à Orléan porte son nom...

Et bien, Claude Guillemin était aussi un collectionneur "pathologique", qui pourtant se défendait du contraire, de par ses fonctions et son milieu...

Bref, la collection, c'est avant tout un feu intérieur, quelque chose qui vous pousse malgré vous, que vous soyez "pauvre" ou "riche", c'est pareil !

Dans les collectionnites purement pathologie, vous pouvez avoir des milliardaires collectionneurs de rien, boîte de camembert, ou autre :-).

Voilà, rapidement, Théo'.

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En effet, la pathologie du collectionneur a fait l'objet de maintes études… je reste persuadé qu'il faut être collectionneur soi-même pour bien appréhender le problème dans son ensemble ! Mais être tout à la fois le patient et son psy ? difficile dans ces conditions de rester objectif ! :coucou!:

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A aucun moment je ne porte un jugement sur les collectionneurs qui avaient (ou qui ont) l'assise financière pour se permettre de "monter" des collections faites uniquement de pièces exceptionnelles (la notion d'exceptionnelle rattachée aux valeurs esthétiques de chaque époque). Ce qui ressort surtout, c'est que ce ne sont uniquement que ces collections qui ont perdurées avec le temps (tout du moins une partie) et que l'on voit rejaillir encore de nos jours après être passées de mains en mains.

D'ailleurs, d'où ressortent les pièces que vous arrivez à vous procurez ?

L'aspect pathologique, ça je veux bien le croire ...

:coucou!:

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