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Bourse minéraux et fossiles de Sainte Marie aux Mines (Alsace) - 24>28 juin 2026

Théophraste

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Tout ce qui a été posté par Théophraste

  1. Autre contribution intéressante : Par Boulliard Jean-Claude Déposée le 14 septembre 2022 à 10h12 Vivons-nous dans une société de droit ou une société de passe-droit ? Une société où les vrais amateurs « sérieux » désignés par une autorité auto-désignée seraient en droit de vouer aux gémonies « une nébuleuse mercantile » dont les contours sont bien flous. La communauté scientifique est souvent minée par certains de ces membres qui veulent se réserver des « chasses gardées ». A ce titre les années 1980 ont connu une sorte de paroxysme qui s’est traduit par la constitution de réserves géologiques, au succès (touristique) parfois contestable et au succès (scientifique) souvent vague. Cette période paroxystique s’est aujourd’hui atténuée avec le vieillissement des protagonistes et la fin de l’esprit soixante-huitard révolutionnariste. Les esprits se sont apaisés. Il nous faut nous reconnaître tous comme des citoyens, oublier les clivages issus d’idéologies extrémistes. Et accepter quelques conclusions par toujours agréables : - Il n’y a pas de bons amateurs appartenant à telles associations et les autres n’y appartenant pas. Il y a des amateurs c’est tout. Bons ou mauvais ce n’est pas à des justiciers autoproclamés d’en décider mais à la nation au travers de ses textes de lois. - Le monde scientifique ne s’oppose pas, dans son immense majorité, aux amateurs et n’établit pas de frontière entre eux. - Les amateurs dits sérieux, c’est-à-dire appartenant à certaines associations, ont des pratiques similaires aux autres. - Les amateurs, bons ou pas, représentent l’essentiel de la population détentrice de la culture géologique. Culture de plus en plus importante avec les défis qui doivent être relevés ces prochaines décennies. - L’immense majorité des minéraux et fossiles collectés n’intéressent plus les scientifiques. Les musées sont pleins à craquer et n’en veulent plus. C’est au monde sociétal des amateurs de les conserver. Nous pourrions continuer ainsi sans fin, mais arrêtons-nous là en constatant que toute mesure de préservation extrémiste au bénéfice de barons locaux, est ressentie comme une atteinte à nos libertés, à notre pacte citoyen. Je ne donnerais pas ci-après mes titres universitaires et académiques afin de ne pas afficher des « médailles » qui pourraient blesser certains de mes collègues justiciers. Veuillez agréer, M le préfet, mes humbles est respectueuses salutations.
  2. Une contribution parmi d’autres sur les mêmes thèmes 🙂 Par Pénagé Emmanuel Déposée le 13 septembre 2022 à 21h53 A l'attention de Monsieur Pierre Guinot-Delery, Commissaire enquêteur dans le cadre du Projet de création de la réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados Monsieur , Le monde des ammonitologues français, aussi bien chercheurs qu'amateurs, est réduit et je le déplore. La paléontologie, à l'évidence, est une discipline négligée par la recherche en France. Dans le cadre de l'éventuelle création de la Réserve Naturelle Nationale des falaises jurassiques du Calvados, je souhaite vous faire part des remarques suivantes. Les faunes jurassiques du territoire concerné sont bien connues, mais je travaille en fait sur celles du Crétacé Inférieur du SE de la France et ce depuis plus de 35 ans. J'ai contribué a des publications scientifiques, dont certaines incluant des spécimens de mes récoltes personnelles. ajoutant d'ailleurs qu'à terme, mes collections sont destinées à des institutions publiques. C'est donc en tant qu'amateur participant activement à la recherche que je permets de vous faire part de mes remarques sur ce projet. Comme je l'ai toujours affirmé, je considère que la restriction d'accès aux amateurs aux gisements est une aberration : une part non négligeable du matériel étudié dans un cadre scientifique a été collectée par des amateurs 'non scientifiques', ni professionnels, donc, ni même pour des intérêts mercantiles et qui mettent leur matériel au service des chercheurs. Interdire l'accès à ces personnes, qui par ailleurs connaissent parfaitement le terrain, constitue évidemment un frein aux découvertes et aux développements sur la connaissance des organismes fossiles et leurs environnements. D'une façon générale je suis personnellement défavorable au classement de sites visant à l'interdiction d'accès aux amateurs. Ceci est absolument contre-productif. Les instances peuvent toujours essayer de mettre en place un cadre de collaboration incluant des amateurs, ce n'est pas aussi simple : qui est admis et qui ne l'est pas ? C'est un autre débat. Quoi qu'il en soit, je l'observe depuis des années, il existe une volonté nationale de classement de sites naturels qui est, je suis le premier à l'admettre, indispensable mais qui montre également ces limites. En l'occurrence, et n'importe quel géologue le dira, les falaises du Calvados, plus encore que les calcaires provençaux, sont voués à l'érosion et à la disparition. Il en est ainsi depuis des milliards d'années. En conséquence, le matériel que n'est pas récolté est perdu et échappe à notre connaissance. Emmanuel Pénagé
  3. Par PARRAGA, Javier Déposée le 12 septembre 2022 à 16h56 L'interdiction de tout prélèvement de fossiles dans les falaises jurassiques du Calvados est un catastrophe scientifique et patrimoniale. Les musées d'histoire naturelle de la région s'appuient fortement sur les associations naturelles et paléontologiques locales pour reconstituer nos collections. Ces associations sont nos yeux puisque, évidemment, nous ne pouvons pas vérifier quotidiennement l'apparition de fossiles après de fortes marées ou des tempêtes. Je pense qu'il est important de différencier le pillage et la destruction mécanique des falaises par l'homme du prélèvement non destructif de spécimens par des associations compétentes préparées pour cela. La valeur scientifique de ces falaises est telle qu'il est inacceptable qu'une interdiction totale de la collecte de fossiles soit une décision quoi même aberrante étant donné que de cette manière et seulement si, nous allons perdre un patrimoine immense et incalculable. Javier Párraga, Responsable des collections de paléontologie et minéralogie du Muséum du Havre.
  4. Autre contribution 🙂 Par Le Gall Yvan Déposée le 12 septembre 2022 à 22h57 Bonjour, En tant qu'enseignant en sciences du second degré, je considère qu'une interdiction de ramassage de fossiles sur l'estran, revient à appauvrir, voire empêcher, l'éveil aux curiosités naturelles des jeunes générations. Les connaissances scientifiques et leur prise en main, in situ, doivent être ouvertes au plus grand nombre. D'autant plus qu'elles ne concernent majoritairement, pour le site des Vaches Noires, que des pièces communes. Maintenir l'autorisation des collectes sur l'estran est un pari sur l'avenir pour : - Les futures vocations. - La culture générale de nos jeunes (tout ne s'apprend pas derrière un ordinateur). - Le quidam qui cherchera à en savoir plus (achat de livres, visite de musées, etc. ...). - L'image et l'attraction du lieu à l'international. Le projet, tel qu'il est présenté, offre plus de pertes que de gains. Une plus grande pédagogie (panneaux, photos, guides itinérants, conseils, numéros d'appels en cas de découverte exceptionnelle, ...) sur le lieu et aux alentours serait plus bénéfique et mieux acceptée qu'une interdiction pure et simple. Pour l'ensemble de ces éléments, je suis contre cette interdiction. Très cordialement et à votre écoute pour de plus amples échanges. Yvan Le Gall
  5. Autre contribution, intéressante car différente 🙂 Contribution n°642 (Web) Par Arnaud Pagnard Déposée le 13 septembre 2022 à 11h11 Bonjour, mes références en tant qu’ingénieur et scientifique sont comparables à celles d’autres personnes très respectables qui ont apporté des contributions à cette enquête. Toutefois, je n’en ferai pas état ici, car c’est simplement en tant que citoyen attaché à la défense des principes républicains que j’interviens : je me permets en effet de rappeler que toute délégation d’autorité dans notre pays, administrative ou autre, procède en dernier ressort des citoyens. Or comme l’ont observé certains des contributeurs à cette enquête, le projet qui nous est présenté, pour explicable qu’il soit (peut-être) dans ses intentions, constitue une sur-réaction à des problèmes dont il déforme et exagère lourdement la réalité, et qu’il prétend traiter. Cette initiative illustre de façon caricaturale une dérive technocratique bien connue : un problème ? Vite, une avalanche de règlements, contraintes et interdictions ! Soyons clairs : qu’il soit souhaitable de protéger certaines richesses que le passé nous a léguées, ne pose pas question à mes yeux. Encore faut-il le faire de manière raisonnable, honnête et proportionnée, ce qui est très loin d’être le cas ici, à la lecture des dispositions et interdictions incluses dans le projet de décret joint au dossier, souvent non injustifiées quoique camouflées sous une logorrhée administrative absconse. L’une de ces dispositions - qui confine à l’absurde kafkaïen, mais c’est loin d’être la seule – est l’interdiction qui serait faite de ramasser des échantillons et des fossiles sur les grèves. Examinons un peu les « arguments » invoqués à l’appui de cette absurdité. 1/ Il s’agirait d’empêcher la destruction de ces fossiles. Ah oui, vraiment ? Prenons le seul exemple des falaises de Vaches Noires. Le volume de terre éboulé et emporté par la mer peut être approximativement estimé à : Recul moyen du trait de côte annuel (~30 cm, voir dans le dossier) x hauteur des falaises (~80 mètres) x longueur de la côte concernée (~4 300 mètres) = environ 100 000 mètres cubes par an, soit près de 300 mètres cubes par jour ! Or chacun de ces mètres cubes contient au bas mot plusieurs centaines de fossiles, ce qui porte le nombre de ceux qui sont détruits par la mer à plusieurs dizaines de milliers par jour. La quantité de fossiles détruits par la mer chaque année est donc gigantesque. Ces fossiles sont très banals dans leur quasi-totalité, sans aucun intérêt commercial, et leur recherche en grand nombre ne présente donc aucun intérêt scientifique. Prétendre en interdire le ramassage, c'est-à-dire le sauvetage, par des promeneurs du dimanche est donc une de ces superbes Ubu-ïtés technocratiques, doublée d’un abus de pouvoir d’interdire, donc d’une atteinte à la démocratie républicaine, ce qui est beaucoup plus grave. En outre, l’argument selon lequel il faudrait n’autoriser le ramassage d’échantillons qu’à quelques obscurs lobbyistes bien en cour, et l’interdire à un Vulgum Pecus par définition ignare et saccageur, est sidérant de mépris. L’effet réel de cette mesure sera donc, au contraire, d’empêcher la préservation de ces fossiles et de les laisser détruire par la mer. 2/ Sous prétexte qu’il serait difficile à la Police de connaître le lieu de ramassage d’un fossile, toute personne rapportant des échantillons tombés sur la plage serait présumée coupable de l’avoir volée en place dans la falaise. Cet argument est sidérant de mentalité répressive. Dans la même veine, je propose que soit présumé coupable de dictature tout Préfet qui apparaîtrait en uniforme, car il est difficile pour les citoyens de distinguer un uniforme de Préfet de la République de celui d’un militaire de dictature. Alors, comme disait l'autre: tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. 3/ Un 3ème « argument » serait qu’il faudrait aligner la réglementation sur celle de tous les autres sites comparables. Cet « argument » est tout à la fois faux et indigent : - Faux, car il existe des réserves où le ramassage de fossiles n’est pas encore interdit par la technocratie (voir contribution n° 503, par exemple), - Indigent, car cela revient à dire qu’il faut refaire aveuglément ici des erreurs sous prétexte qu’elles ont déjà été faites ailleurs, c’est-à-dire sans vérifier si les dispositions prises ailleurs sont adaptées aux conditions d’ici, et si elles sont bien-fondées. 4/ Cette interdiction est défendue par quelques prétendus experts auto-proclamés en mal de buzz, qui s’arrogent la prétention de définir seuls et dans l’étroit champ de vision de leurs œillères corporatistes, ce qui devrait être bon ou mauvais pour la collectivité. Il est fort heureux, et rassurant, que la plupart des contributions apportées à ce dossier par des scientifiques exprime une forte opposition, et pas seulement pour des raisons scientifiques. EN CONCLUSION : En tant que citoyen, rien ne m’oblige à justifier mon avis sur tel ou tel sujet, mais ici, je le fais volontiers. J’ai donc indiqué pourquoi je m’oppose en bloc à ce projet technocratique. EN REVANCHE, je demande qu’il soit remplacé par un projet de protection intégrale de toute la vallée de l’Orne au Sud du périphérique de Caen et au-delà de May-sur-Orne, tout en laissant autorisés les échantillonnages d'amateurs. En effet, si l’on voulait vraiment protéger la richesse paléontologique du Calvados, on commencerait – par exemple - par interdire tout chantier, tout lotissement, tout terrassement, toute exploitation de carrière, qui saccagent depuis des décennies ces magnifiques couches géologiques fossilifères du Pleinsbaschien de la vallée de l’Orne, dans tout le Sud de Caen (secteur de Fleury-sur-Orne, St-André-sur-Orne, Bully, May-sur-Orne, Fresney-le-Puceux, et au-delà), et on permettrait aux amateurs de sauver ce qui peut encore l'être. Arnaud Pagnard 13 septembre
  6. Directrice de Recherche au CNRS, paléontologue spécialiste de reptiles marins de l'Ere Secondaire, je connais la côte normande et plus spécialement le site mondialement connu des Vaches-Noires depuis 1991. Permettez-moi - avec l’exemple concret de ce gisement phare - d’évoquer une situation qui s’applique en fait à l’ensemble des sites côtiers qui seront inclus dans le périmètre du projet de Réserve Nationale Naturelle des falaises du Calvados. En 1991, alors en thèse de 3ème cycle à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris 6), j'ai été employée quatre étés de suite comme guide pour faire visiter la falaise des Vaches-Noires et expliquer, tant sa formation que son contenu fossilifère aux touristes. Cette nouvelle activité était une initiative mise en œuvre conjointement par l'APVSM et la Mairie de Villers-sur-Mer. Je fus d'ailleurs la première à "essuyer les plâtres" en effectuant la toute première visite, en présence de Mme la Députée Nicole Ameline et du Maire de Villers-sur-Mer de l’époque ! Ce fut un grand succès ! Depuis cette lointaine époque en effet, l’engouement pour les activités paléontologiques à Villers-sur-Mer (mais également dans toute la région) n’a jamais faibli. Il suffit de regarder les nombreuses activités proposées annuellement, qu’il s’agisse des visites des Vaches-Noires, des activités variées proposées tant par le Paléospace que par l’APVSM et qui incluent l’invitation de conférenciers, l’organisation de congrès, etc., pour s’en convaincre. Mais cette activité paléontologique dans la région est en fait beaucoup plus ancienne. Les Vaches-Noires sont en effet un site paléontologique de référence, reconnu dans le monde entier pour sa richesse, tant en restes d'invertébrés et de vertébrés fossiles d'âge Jurassique moyen-supérieur (autour de 150 millions d'années). Connu depuis la fin du 18eme siècle, le site a connu son "Âge d’or" au 19ème siècle, avec la naissance du tourisme balnéaire. Et au 20ème siècle, l'intérêt de la paléontologie locale n'a pas faibli grâce à l'action de nombreux paléontologues amateurs, réunis dans l'APVSM sous l'impulsion dynamique de Mr. et Mme Charles et de leurs successeurs, ainsi que des nombreux scientifiques, tant de la région normande que d'ailleurs, qui ont assuré la publication des découvertes paléontologiques et de la géologie locale. Une des caractéristiques majeures de ce site (et de tous ceux inclus dans le périmètre du projet de RNN situés sur la côte du Calvados) est que la majeure partie des fossiles a été découverte par des paléontologues amateurs, voire de simples promeneurs, la plupart du temps de manière fortuite ! Pourquoi cette situation ? Tout simplement car ces sites sont soumis à l’action des marées et qu’on ne peut donc de facto (ou CQFD, comme vous voulez) pas y faire de fouilles mais seulement des récoltes rapides à marée basse. Depuis cette lointaine époque également, je suis devenue une habituée de Villers-sur-Mer et de sa falaise des Vaches-Noires, tant d'un point de vue personnel (j'y passe souvent quelques jours de vacances l'été) que professionnel : 1) je fais partie du comité scientifique du Paléospace depuis sa création et collabore régulièrement avec ses membres ; 2) j'ai été invitée plusieurs fois par l'APVSM à faire une de leurs conférences estivales et à les accompagner lors de sorties aux Vaches-Noires ; 3) j’ai tissé des liens amicaux et collabore régulièrement avec plusieurs paléontologues amateurs de la région, tant pour l'expertise de certaines de leurs découvertes que pour la publication d'autres (voir bibliographie ci-dessous). La création d’une Réserve naturelle est toujours intéressante afin de préserver faune, flore et paysages locaux de l’action destructrice de l’homme. Mais dans le cas présent, la clause stipulant "l’interdiction de ramassage des fossiles et minéraux détachés sur le domaine public maritime (sauf dérogations préfectorales)" contredit totalement la philosophie de "conservation de l’intégrité du patrimoine géologique" de toute Réserve naturelle. Cette clause, dénuée de bon sens au vu de la situation bien particulière que constitue ces falaises en front de mer énoncée ci-dessus, est au contraire en contradiction avec ce principe de base et s’avèrera totalement contreproductif : en empêchant la récolte libre, spontanée et ouverte à tous des fossiles se trouvant sur la plage, ces derniers seront, soit détruits par les marées et l’érosion côtière (si on les laisse sur place et qu’on attend les dérogations…), soit non signalés aux autorités et scientifiques concernés (si on les ramasse mais qu’on n’a pas envie d’être accusé de recel et autre activité illégale…). Cela peut même amener à la création d’un trafic de fossiles local qui n’existe pas actuellement. En clair, ni les scientifiques concernés, ni les institutions de conservation et de valorisation du patrimoine tel que le Paléospace (mais aussi l'Université de Caen, les musées du Havre et de Rouen, etc.), ne verront plus aucun fossile issu de cette côte du Calvados. Comme "philosophie de conservation", on peut rêver mieux… Comme beaucoup de paléontologues professionnels et amateurs, ma passion pour cette discipline scientifique m’est venue enfant, par la découverte et la récolte de coquillages fossiles. Ce sont eux qui m’ont faite rêver et ouvert les portes de ces "mondes révolus" si chers à Georges Cuvier. Ce sont eux qui depuis l’âge de 7-8 ans m’ont fait "tenir le cap" pour que cette passion d’enfant devienne mon métier. Me suis-je mise hors la loi en récoltant enfant ces quelques coquilles ? Serai-je devenue paléontologue si je n’avais pas eu cette double possibilité de les trouver et de rêver dessus ? Je m’oppose donc fermement à la clause paléontologique de ce projet en demandant que : 1) L'interdiction du ramassage des fossiles détachés sur la plage soit remplacée par une clause plus adaptée et intelligente autorisant une récolte raisonnée des spécimens présents sur la plage, ouverte à tous, en toute circonstance ; 2) Les autorités compétentes en la matière (paléontologues professionnels et amateurs, associations, institutions locales de conservation, de formation et de divulgation des savoirs, etc.) soient consultées. Cela n’a pas été fait en amont du projet… Comment pourrait-on ainsi prendre ce projet au sérieux – au moins pour son volet paléontologique - si les principales autorités compétentes et aptes à donner un avis éclairé sur le sujet n’ont pas été consultées ? Rappelons finalement que la découverte, l’étude, la protection et la valorisation du patrimoine paléontologique (ou autre) passe par l’éducation et la sensibilisation à la valeur de ce patrimoine, non à l’interdiction d’y avoir accès… Paléontologiquement votre, Nathalie BARDET - Directrice de Recherche au CNRS Centre de recherche en Paléontologie – Paris, Muséum National d’Histoire Naturelle. Bibliographie personnelle sur le sujet : BARDET N., PENNETIER E., PENNETIER G., CHARLES A. & CHARLES J. (1993). Des os énigmatiques à section triangulaire dans le Jurassique moyen (Callovien) de Normandie. Bulletin Trimestriel de la Société Géologique de Normandie et des Amis du Muséum du Havre, 80 (3-4) : 7-10. BARDET N., PENNETIER G., PENNETIER E. & QUEROMAIN J. (1993). Présence du pliosaure Liopleurodon ferox SAUVAGE dans le Callovien de Villers-sur-Mer (Normandie). Bulletin Trimestriel de la Société Géologique de Normandie et des Amis du Muséum du Havre 80 (3-4) : 11-14. BARDET N. (1993). Pliosaurs and plesiosaurs from the Middle Jurassic (Callovian) of Normandy. Revue de Paléobiologie, Genève, 7: 1-7. BARDET N. (1996). Les plésiosaures du Callovien de Normandie. L'Echo des Falaises, Villers-sur-Mer, 2, 11-20. VINCENT P., BARDET N., MATTIOLI E. & SUAN G. (2013). Un nouveau plésiosaure en Normandie (Calvados, France). L’Echo des Falaises, Villers-sur-Mer, 17 : 17-24. BARDET N. (2014). Les ichthyosaures et les plésiosaures du Jurassique et du Crétacé des falaises des Vaches-Noires (Normandie, France). Fossiles, H.S. nº 4 : 98-104. BARDET N. & BUFFETAUT E. (2018). Quand la Normandie était sous la mer. Les falaises jurassiques et crétacées des Vaches Noires. Espèces H.S. « Sites paléontologiques de France », 28 : 24- 31. BARDET N. (2020). Les reptiles marins du Jurassique de Normandie des collections de Caen et du Havre détruites pendant la Seconde Guerre mondiale à la lumière des publications anciennes : que nous disaient-elles ? Actes du premier colloque de l’APVSM, « Paléontologie et Archéologie en Normandie », 5-6 octobre 2019. Bulletin de l’Association Paléontologique de Villers-sur-Mer, 1 : 41-48.
  7. En tant que paléontologue professionnel (CNRS) connaissant bien les côtes normandes et leurs sites fossilifères, je commenterai uniquement la partie du projet de réserve portant sur la collecte des fossiles, et en particulier le passage suivant, qui résume à lui seul les aspects négatifs du projet : Une seule activité sur l’estran sera interdite. Il s’agit de l’extraction et du ramassage de fossiles et de minéraux. Des dérogations pourront être appliquées aux opérations à visée scientifique et pédagogique conduites sous la responsabilité du gestionnaire soit dans le cadre du plan de gestion, soit dans le cadre de conventions avec des structures partenaires validées par le comité consultatif. Ce point appelle diverses remarques : 1) Comment peut-on espérer préserver en favorisant la destruction ? La problème posé par cette proposition est évident : les fossiles dégagés des roches des falaises par l’érosion naturelle (pluie, circulations d’eau, vagues, marées) sont voués à une destruction inévitable, à assez court terme, s’ils ne sont pas ramassés. Interdire le ramassage revient donc à favoriser la destruction d’un patrimoine naturel et scientifique inestimable. Il existe donc une contradiction fondamentale entre l’objectif louable de protection de ce patrimoine et le projet d’interdiction de collecte. Les éventuelles dérogations ne permettraient en rien de résoudre le problème (voir plus bas). 2) La collecte des fossiles dans le contexte de falaises en cours d’érosion pose des problèmes particuliers Il est clair qu’il n’est généralement pas souhaitable d’extraire les fossiles des falaises elles-mêmes, et d’ailleurs cette pratique est déjà interdite. La collecte de fossiles détachés par l’érosion est en revanche le seul moyen d’empêcher leur destruction. Compte tenu de la quantité de fossiles ainsi détachés et de l’ampleur des sites concernés, cette collecte ne peut absolument pas se faire uniquement à la faveur de « dérogations » (accordées suivant quels principes, à qui ?). Il est difficile aussi d’imaginer que puisse être recruté un nombre suffisant de paléontologues compétents pour assurer le « sauvetage » de tous les fossiles quotidiennement mis au jour par l’érosion sur l’étendue considérable des falaises incluses dans le projet de réserve – c’est tout simplement impossible. La seule façon de permettre un sauvetage efficace des fossiles en danger de destruction est de permettre la collecte au plus grand nombre possible de collecteurs. Cela implique qu’elle ne peut être réservée aux seuls paléontologues professionnels, beaucoup trop peu nombreux pour réaliser des collectes efficaces. Le rôle des amateurs est prépondérant à cet égard. L’emploi du terme « pillage » dans le texte de présentation est d’ailleurs malencontreux. Il peut exister des cas de pillage, mais ils ne sont pas fréquents (et s’ils existent il faudrait les documenter sérieusement). Il est évident pour quiconque possède quelques notions de géologie que les différents sites naturels méritant une protection posent des problèmes différents en fonction de la géologie, du climat, de l’environnement général. Par exemple, vouloir appliquer exactement les mêmes règles à des formations géologiques continentales à l’intérieur des terres sous un climat méditerranéen et à des formations marines en bordure de mer sous un climat océanique est absurde. Le système de dérogation envisageable (éventuellement – il y aurait fort à dire sur ce point !) pour des gisements de vertébrés fossiles en Provence ne peut simplement pas s’appliquer à la récolte de fossiles au pied des falaises du Calvados, où il est pratiquement impossible de planifier des récoltes, car la mise au jour des fossiles par l’érosion est aléatoire. 3) Importance des collections d’amateurs pour la recherche paléontologique et les musées Il est important de souligner l’importance des récoltes des amateurs pour la recherche paléontologique. J’ai eu l’occasion depuis une quarantaine d’années de décrire, dans diverses publications, un nombre assez importants de restes de vertébrés fossiles (ichthyosaures, crocodiles, dinosaures, ptérosaures) provenant du Jurassique et du Crétacé des falaises de Normandie (Calvados et Seine-Maritime). Tous, sans exception, avaient été découverts par des amateurs, et ils sont aujourd’hui dans des collections publiques. Mon cas n’est évidemment pas isolé. Des études récentes, notamment celles de Lucie Plançon lors d’un stage au Paléospace, sur les pratiques des amateurs montrent qu’en général les collections privées finissent par parvenir dans des musées ou autres collections publiques. Les collections de fossiles provenant des falaises du Calvados qui sont présentes dans de nombreux musées, en France et ailleurs, étaient, pour leur grande majorité, à l’origine des collections privées réalisées par des amateurs, et à l’heure actuelle c’est par l’acquisition (via dons ou achats) de collections privées que les musées augmentent leurs collections. Pour ne citer que des exemples normands, c’est le cas notamment des musées de Villers, du Havre, d’Elbeuf... Il est donc évident qu’une interdiction faite aux amateurs de récolter des fossiles aurait des conséquences désastreuses tant pour la recherche paléontologique que pour l’enrichissement des collections des musées. Souhaite-t-on que la collecte des fossiles devienne une activité punie par la loi, et qu’un marché noir se développe à partir de récoltes devenues illégales ? 4) Le projet d’interdiction de collecte est-il anti-scientifique et anti-musées ? On peut donc s’interroger sur les motivations du projet d’interdiction, dont la justification n'apparaît pas dans le document. Au-delà du plaisir assez pervers d’interdire, elles paraissent pour le moins obscures, notamment quand on considère que toutes les autres activités traditionnelles sur l'estran resteront autorisées. Les conséquences inévitables de ce projet seraient contraires au progrès de la science paléontologique et au développement des musées. Est-ce délibéré ? On peut se poser la question. Suivant des informations fiables, une personne défendant l’interdiction de collecte serait allée jusqu’à traiter les musées possédant des collections paléontologiques de « receleurs ». Si le fait est avéré, il est extrêmement grave car il témoigne d’un obscurantisme anti-scientifique inquiétant. Les collections des musées sont indispensables à la recherche paléontologique tout autant qu'à l'éducation du public. Y aurait-il donc derrière le projet d’interdiction de collecte des fossiles des intentions anti-scientifiques motivées par une conception dévoyée de la protection du patrimoine ? 5) Les aspects éducatifs sont-ils pris en compte ? De nombreux contributeurs au débat soulignent l’aspect éducatif de la recherche des fossiles. La découverte de l’histoire de la Terre et des êtres vivants passe souvent, notamment chez les enfants, par la collecte de fossiles. L’interdiction est donc vue comme un obstacle à la découverte de la nature, et les « dérogations » à but éducatif mentionnées dans le projet n’y changeront rien, avec leur côté bureaucratique à l’opposé d’une certaine liberté de se cultiver par soi-même. On s’attaque là à un passe-temps instructif qui, répétons-le, a pour conséquence la préservation d’un patrimoine, non sa destruction. A une époque où il est souvent question de science participative, interdire au plus grand nombre (à tout le monde, en fait) l’accès à un aspect facilement accessible de la culture scientifique est pour le moins paradoxal. Un des rôles de la réserve devrait être d'aider les collectionneurs à identifier et mettre en valeur les fossiles qu'ils récoltent, et de les inciter à se rapprocher des musées pour assurer la pérennité de leurs collections, et certainement pas de mettre en œuvre une politique d'interdiction aveugle. 6. La collecte des fossiles en tant que tradition culturelle locale On peut aussi faire remarquer que cet aspect « grand public » de la collecte des fossiles est bien établi au long des côtes normandes depuis deux siècles au moins. Ces deux siècles de récolte de fossiles n’ont évidemment pas conduit à la destruction du patrimoine paléontologique, ils l’ont préservé, comme en témoignent les collections des musées. Il est très discutable de parler (comme cela est le cas dans le document) d’une « pression » sur ce patrimoine, d’abord parce qu’il n’y a à ce sujet aucune étude quantitative (comme le reconnaît le document), et aussi parce que la pression n’était certainement pas moins forte autrefois. On peut même faire remarquer que les marchands de fossiles des stations balnéaires de la côte normande, mentionnés dans de nombreux guides touristiques au XIXe siècle, n’existent plus, ce qui suggère que la « pression » (en tout cas mercantile) a diminué plutôt qu’augmenté. La collecte des fossiles sur la côte normande a ses lettres de noblesse, via notamment la littérature. Et il est ironique d’imaginer George Sand, de nos jours, finissant entre deux gendarmes pour avoir ramassé une ammonite au pied des Vaches Noires... 6) Y a-t-il eu concertation préalable ? On peut remarquer que l’interdiction de collecte des fossiles, telle qu’elle est présentée, dans le projet, ne fait l’objet d’aucune justification sérieuse et étayée. On interdit pour le plaisir d’interdire, semble-t-il. Cela mène à s’interroger sur la façon dont le projet a été conçu. Il ne semble pas que l’avis de paléontologues compétents ayant une connaissance réelle des fossiles de la région concernée ait été sollicité. Il est certes fait mention du Paléospace, mais selon mes informations de première main, ce musée a seulement été averti du projet, sans aucune discussion réelle avec ses responsables. Il faut noter aussi qu’apparemment aucune association compétente dans le domaine de la paléontologie n’a été consultée. L’Association Paléontologique Française (qui regroupe une bonne partie des paléontologues professionnels français ainsi que nombre d’amateurs compétents) n’a pas été appelée à émettre un avis lors de la conception du projet. Tout comme la Société géologique de France, l'Association Paléontologique Française s'est récemment prononcée contre l'interdiction du ramassage. Le manque total de clarté au sujet d’éventuelles consultations de personnes ou d’associations compétentes conduit à s’interroger sur les inspirateurs réels du projet. Une certaine association de protection du patrimoine géologique, qui ne représente qu’elle-même et ne semble pas spécialement compétente en paléontologie, est souvent évoquée, à tort ou à raison, pour lui prêter des intentions peu louables de mainmise sur les sites fossilifères. L’obscurité à ce sujet nourrit toutes les rumeurs. On peut d’ailleurs à bon droit s’interroger sur les « structures partenaires validées par le comité consultatif » mentionnées dans le document. Comment seraient-elles choisies, sur quels critères ? On voit déjà s'agiter certains petits groupes soucieux apparemment de monopoliser les « dérogations » au détriment de structures plus compétentes, notamment les musées. Toutes les dérives paraissent possibles. Organiser un réel débat entre spécialistes compétents (que l’on peut trouver également parmi les amateurs, pas uniquement dans les laboratoires de recherche et les musées !) avant de prendre des décisions drastiques serait plus que souhaitable ! 6) Retombées économiques Il semble que les porteurs du projet d’interdiction de collecte des fossiles n’aient pas mesuré l’ampleur de ses conséquences économiques probables. Le nombre de personnes qui viennent en vacances sur la côte normande pour le plaisir d’y récolter des fossiles est loin d’être négligeable. Il est évident qu’il n’y viendront plus si la collecte est interdite (certains l’ont affirmé clairement sur les réseaux sociaux). L’attractivité des musées locaux ne peut aussi que diminuer, faute de nouveaux spécimens à présenter au public. Il est donc permis de s’inquiéter des conséquences pour le tourisme local. Il semble que certains élus locaux soient conscients du problème, et il est souhaitable qu’ils s’expriment à ce sujet. 7) Est-il interdit de s’inspirer de ce qui réussit ailleurs ? Un des points étonnants du projet d’interdiction est qu’il semble ignorer volontairement les mesures de protection et valorisation du patrimoine géologique et paléontologique qui ont été mises en œuvre avec succès ailleurs, dans des conditions environnementales proches de celles de la côte du Calvados. On pense évidemment à ce qui a été réalisé sur la côte du Dorset, dans le Sud de l’Angleterre, où des couches mésozoïques très fossilifères sont connues depuis longtemps, dans un contexte géologique et géographique proche de celui du Calvados. Une réelle concertation entre tous les acteurs intéressés (amateurs, professionnels, musées, défenseurs de l’environnement) a permis d’aboutir à un code qui satisfait apparemment tout le monde. Cette portion de côte (Jurassic Coast) a d’ailleurs été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO (ce qui a peu de chance d’arriver à la côte du Calvados si le projet d’interdiction de collecte, qui semble faire surtout des mécontents et se signale par son caractère arbitraire et autoritaire et son mépris pour le public, est mis en oeuvre). Il paraît pour le moins surprenant qu’on n’ait pas songé un seul instant à s’inspirer de ce modèle anglais participatif, qui fonctionne bien et n’est pas spécialement difficile à mettre en œuvre. L’argument que l’on a pu entendre, du style « ici on est en France », relève évidemment du chauvinisme et de la xénophobie...Peut-on espérer un sursaut qui conduirait à s’inspirer de ce qui fonctionne bien à l’étranger ? Pour plus de détails sur le code en vigueur dans le Dorset : https://jurassiccoast.org/wp-content/uploads/2015/10/West-Dorset-Fossil-Collecting-Code-of-Conduct.pdf 7) Conclusions On peut s’étonner de ce qu’un projet visant à la protection d’un patrimoine naturel que chacun s’accorde à reconnaître exceptionnel suscite autant de rejet. Ce rejet tient principalement à un seul point du projet, l’interdiction totale de la collecte des fossiles. Je pense avoir montré à l’aide des arguments développés plus haut ce que cette interdiction, en plus de son caractère liberticide, serait absurde, contre-productive, anti-scientifique, anti-éducative et anti-culturelle. Il est plus que temps qu’une concertation réelle, avec des partenaires représentatifs et compétents, ait lieu, afin de parvenir à un code de conduite comparable à ce qui pu être mis en œuvre avec succès ailleurs dans le monde. Eric BUFFETAUT Docteur ès-sciences Directeur de recherche émérite au CNRS (Laboratoire de Géologie de l’Ecole Normale Supérieure, Paris) Ancien président de l’Association Paléontologique Française Membre des comités scientifiques du Paléospace et du Muséum du Havre
  8. Pour info : Colloque | Collection de sciences de la Terre Du 19 au 23 septembre 2022, le Paléospace de Villers-sur-Mer, accueillera la communauté scientifique française et francophone autour du thème des collections de sciences de la Terre. Le programme et livret des résumés sont en ligne : https://paleonto2022.sciencesconf.org/data/LivretRe_sume_sVillers.pdf Attention, pour participer à l’enquête d’utilité publique en cours en ligne, où il est question d’interdiction du ramassage des fossiles, roches et minéraux, date limite le 16 septembre… Là : https://www.registre-dematerialise.fr/4130/
  9. Non à l’interdiction de ramassage des fossiles, roches et minéraux du projet de Réserve Naturelle sur 37 km de côtes en Normandie. >> https://www.registre-dematerialise.fr/4130/ << Participez svp à l’enquête d’utilité publique sur internet, quelques mots au moins, il reste peu de jours… Cliquez sur le lien pour arriver sur le site de l'Etat. Partagez svp, faites circuler, sensibilisez vos proches, des associations https://static.xx.fbcdn.net/images/emoji.php/v9/t4c/1/16/1f642.png Date limite le 16/09...
  10. Pour vous exprimer sur le site de l'Etat : https://www.registre-dematerialise.fr/4130/ Si vous avez 2/3 minutes aujourd’hui 🙂, pour déposer un avis, c'est dans le menu l'onglet "Déposer une contribution". Même quelques mots... Le projet de la réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados, c'est de fait 37 km de littoral interdit au ramassage des fossiles, roches et minéraux ! Partagez sur les réseaux sociaux, sensibilisez vos proches, les clubs, les associations,...
  11. Une contribution à l'enquête intéressante 🙂 Monsieur l’enquêteur , Monsieur le Préfet, Je tiens à vous exprimer mon désaccord avec le projet d’interdiction de ramassage des fossiles sur l’estran. En parcourant le dossier d’enquête publique , les motivations de cette interdiction demeurent assez floues , on peut néanmoins retenir trois types d’arguments ; 1) Tout d’abord, un souci de préservation (avis d’opportunité du CNPN du 14/12/2021 ) recommandant cette interdiction afin de « préserver l’intégrité des objets géologiques » (notons que cette interdiction serait assortie de dérogations préfectorales ponctuelles ou « dans le cadre d’opérations sous le contrôle du futur gestionnaire de la RNN ») Il est évident que le but fondamental de toute réserve est bien la préservation , mais , dans le cas des fossiles situés sur l’estran, soumis à une destruction rapide par l’érosion marine , l’interdiction de ramassage équivaut à une « autorisation de destruction ». Hélas , ce n’est pas en accordant des dérogations à une poignée de personnes autorisées ,que le problème sera résolu . En effet , en prenant l’exemple de la falaise des vaches noires , dont le recul moyen annuel est de 0.45 m (p56 du rapport )et en retenant une densité moyenne de 2.2 pour les marnes jurassiques , on peut facilement estimer qu’environ 450 000 tonnes de sédiments se retrouvent sur l’estran chaque année , soit 1220 tonnes par jour (68 camions de 18 tonnes…) Dès lors , on comprend aisément que cette ressource , continuellement renouvelée ,va bien au-delà des capacités de prospection et de ramassage des collecteurs de tous âges. De plus, il est important de préciser que plus de 99.9% des fossiles recueillis sur l’estran sont communs , et ne présentent aucun intérêt scientifique . Ils ont cependant un intérêt inestimable auprès d’un large public, pour susciter la curiosité , l’étonnement et souvent un émerveillement .Ils sont à l’origine de plusieurs carrières scientifiques. Ils sont un outil indispensable pour le développement de la science participative, et plus globalement pour la paléontologie Française. J’ajoute que , la collecte des fossiles sur l’estran se prête mal à des autorisations ponctuelles ; un fossile dégagé sur l’estran disparaitra à la marée suivante. C’est en arpentant quotidiennement l’estran , que de multiples amateurs de tous âges ont effectué les plus belles découvertes et ont permis de constituer la quasi intégralité des collections des musées , le plus souvent par simple don. Notons enfin , que pour des raisons de fonctionnement et de moyens , aucune institution publique ne pourra y consacrer , ni le personnel , ni le budget nécessaires. Ainsi , la collecte des fossiles sur l’estran constitue un acte de PRESERVATION et de VALORISATION. L’interdire équivaudrait à enfreindre le fondement même de la réserve. 2) L’autre argument du dossier a été émis par le CSRPN dans son avis du 13/01/2022 et justifie l’interdiction du libre ramassage sur l’estran car « l’exercice de police sera facilité, notamment en cas de doute sur l’origine des fossiles ( estran ou falaise ) » Cet argument de « facilité » me parait stupéfiant ,eu égard aux conséquences potentiellement désastreuses qu’une telle mesure aurait pour la science participative, pour les amateurs , pour la paléontologie Française … Aussi , on peut facilement y voir un aveu implicite du manque de moyens qui seraient alloués à la surveillance des falaises proprement dites ,qui se résumerait à un simple contrôle des sacs au niveau des principales issues . Il est difficilement acceptable qu’on puisse tout interdire , parce qu’on avoue ne pas pouvoir surveiller correctement une partie du site. J’ajoute , qu’avec un peu de formation, il est très souvent possible de distinguer les fossiles recueillis sur l’estran de ceux qui seraient recueillis sur la falaise.( tant sur le plan taxonomique que par l’aspect des sédiments accolés aux fossiles) Il faut aussi noter que ceux qui grimpent parfois aux falaises ,sont essentiellement de simples touristes , inconscients , ou mal informés par une signalisation insuffisante. 3) le troisième argument figure sur l’avis du CSRPN du 13/01/2022 : «… ce ramassage est interdit dans toutes les RNN à fondement géologique » Cet argument nie , implicitement, la nécessité d’adapter la réglementation à la spécificité d’un site ( en l’occurrence des falaises soumises à une très forte érosion en bord de mer ) Et surtout , c’est oublier que d’autres sites autorisent la collecte raisonnée de fossiles , le cas le plus édifiant étant celui de la réserve naturelle nationale géologique de haute Provence (la plus grande d’Europe avec 2300 km2 ) qui recèle de véritables trésors ( Dalle aux Ammonites , vallée des siréniens …) et qui , bien que soumise à une faible érosion ,tolère « le prélèvement manuel des pièces naturellement dégagées par l’érosion pour autant qu’il soit effectué en quantités raisonnables » (Article 2 de l’arrêté interpréfectoral en date du 30 mars 2011) Vous comprendrez , dès lors , que ces arguments ne sont pas recevables . Je m’étonne aussi que le dossier n’aborde que superficiellement la problématique paléontologique et ne s’appuie pas sur une véritable expertise sur ce sujet , comme en témoigne le tollé général des paléontologues professionnels et amateurs Français qui se sont exprimés sur ce sujet.(Editorial de la revue Française de paléontologie N°51 , conférence de presse des paléontologues du 28/07/2022 Ouest France Normandie etc…) Je ne reviendrai pas sur les conséquences potentiellement désastreuses qu’une telle mesure aurait sur la science participative, la paléontologie normande, sur le tourisme local , sur le paléospace…. Les inquiétudes des acteurs locaux de la paléontologie , sont parfaitement fondées et légitimes . Il faut aussi avoir à l’esprit qu’après plus de deux siècles de prospection par les amateurs, il n’y a jamais eu de problèmes sérieux liés à cette activité .L’immense majorité des paléontologues amateurs et professionnels est constituée de gens respectables et respectés qui se livrent à une activité anodine qui n’a aucun impact significatif sur l’estran , souvent ce sont des familles qui partagent cette passion et beaucoup d’enfants, pour certains ,c’est la passion d’une vie. Ils vivront cette interdiction comme une source de frustration et de stigmatisation infondée. Les dérogations ne feront que creuser le fossé d’incompréhension et de division entre les « autorisés » et les « non autorisés », et comme je l’ai expliqué précédemment ,la collecte des fossiles sur l’estran s’accommode très mal avec les carcans réglementaires et administratifs .Je pense particulièrement aux jeunes enfants qui viennent , le temps d’un week end en famille ,s’initier à la collecte de quelques bivalves ou brachiopodes présents par milliards sur l’estran de nos falaises ; une activité saine et anodine source d’émulation , qu’ils ont toujours fait sans contraintes d’horaires ou d’encadrement. Ajouter des contraintes ne favorisera en rien leurs activités. Le paléospace effectue un travail remarquable, ils connaissent très bien cette problématique , ils doivent être écoutés. Ainsi ,toute mesure qui ne reposerait pas sur un large consensus des paléontologues professionnels et amateurs, ne ferait que cristalliser les tensions et nuirait au fonctionnement serein de la réserve. Les règles qui découleront d’un réel consensus seront comprises et acceptées par tous. N’oublions pas, qu’outre Manche ,le littoral du Dorset est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO et que les paléontologues professionnels et amateurs ,les enfants se soumettent volontiers à un code de conduite de bon sens, ils s’y côtoient dans un esprit d’émulation mutuel qui contribue au rayonnement international de ces falaises et que nous ne pouvons qu’envier … C’est pour toutes ces raisons , que je vous demande : *De maintenir la tolérance pour des prélèvements éthiques sur l’estran des falaises. *De veiller à ce que les paléontologues ,les acteurs locaux et le futur gestionnaire établissent ensemble un code de conduite qui sera accepté et respecté par tous.(par exemple sur le modèle du code de conduite de l’ouest du Dorset ) *Qu’une part significative du budget de la réserve soit alloué à la sensibilisation et l’éducation d’un large public . Je souhaite , que la future réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados connaisse le même succès qu’outre Manche ( et pourquoi pas plus ?....) Je vous remercie de prendre en considération tous ces arguments. Je reste à votre disposition pour contribuer au succès de la future réserve. Recevez , Monsieur l’enquêteur ,Monsieur le Préfet , mes salutations respectueuses. Laurent PUGLIS
  12. Interdiction de ramassage sur 37 km de côtes de Normandie des fossiles et minéraux, non ! >> Il faut participer à l'enquête d'utilité publique 🙂 > https://www.registre-dematerialise.fr/4130/ Faites svp participer vos proches 🙂 Ici l'avis de l'Association paléontologique française, sise au Museum à Paris : Faites svp participer vos proches 🙂
  13. Il faut participer à l'enquête d'utilité publique 🙂 > https://www.registre-dematerialise.fr/4130/
  14. Merci, un soucis dans le copier/coller 🙂 C'est rectifié, et c'est là : https://www.registre-dematerialise.fr/4130/ Avis sur la réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados (Normandie)
  15. Non au projet d'interdiction de collecte des fossiles, roches et minéraux aux Vaches Noires, dans le Calvados en Normandie. >> Participez svp, donnez votre avis à l'enquête d'utilité publique 🙂 >> https://www.registre-dematerialise.fr/4130/ Le projet de la réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados, c'est de fait 37 km de littoral interdit au ramassage des fossiles, roches et minéraux ! Le ministère de l'escrologie a décidé de créer une réserve naturelle, inutile, car rien ne menace ce site, déjà bien géré par différents arrêtés et réglementations, et couteuse, encore un "machin" avec des frais de gestion monstrueux, une nouvelle pompe à fric. Les technocrates de ce ministère ne savent plus quoi inventer pour exister. Nous avons jusqu'au 16 septembre pour donner notre avis. C'est une forme de référendum, participons. Quelques mots, une lettre, un argumentaire, un exposé, chacun selon son temps et ses moyens 🙂 Faites circuler svp, sensibilisez vos amis de la communauté, faites participer les association, etc. Pensez aussi à faire circuler à l'étranger. Réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados
  16. Cristaux de quartz en macle du Japon (ou de La Gardette), minéral de Huanggang mine, Chifeng, Mongolie Intérieure, Chine.
  17. Cristaux de smithsonite rose, minéral de la mine de Choix, Sinaloa, Mexique. Rose girly à souhait !
  18. Cristaux de fluorine (fluorite) jaune, minéral de Pöhla, Schwarzenberg, Allemagne.
  19. Cristaux d’azurite, minéral de Czar - Holbrook area, Bisbee, Cochise county, Arizona, USA.
  20. Fil d’argent natif, minéral exceptionnel, d’une des mines de Kongsberg, Norvège.
  21. Cristal de topaze verte, minéral du Minas Gerais, Brésil.
  22. Cristaux de dioptase sur cristal de quartz fumé, minéraux de Namibie.
  23. Cristaux de brazilianite (brasilianite ou brésilianite), minéral de Linópolis, Minais Gerais, Brésil.
  24. Cristaux de kermesite sur quartz, minéraux de Braunsdorf, Freiberg, Erzgebirge, Saxe, Allemagne.
  25. Cristaux de bournonite, minéral de la mine de Yaogangxian, ore field W Sn, Chenzhou, Hunan, Chine.
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