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Pas du tout, elle parle aussi au nom de la réserve géologique de Digne, de celle de l'île de Groix, de la "fédération nationale des réserves naturelles", de divers groupuscules autour de la paléontologie, il y a toute une mouvance qui se tient et s'entraide, qui cultive patiemment cela depuis 25/30 ans. Compte-rendu de la journée de lancement de l'inventaire du Patrimoine Géologique en France, Paris 5 Avril 2007 > C'est toujours les mêmes !
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Par Richard TREMBLIER Président de la SAGA Déposée le 15 septembre 2022 à 17h37 Je vous écris pour préciser la position de la Société Amicale des Géologues Amateurs (SAGA), définie lors de notre dernier conseil d’administration, au sujet du projet de création d’une réserve naturelle nationale sur les falaises jurassiques du Calvados. Nous ne sommes pas défavorables à la protection de la biodiversité et de la paléobiodiversité dans cette réserve. C’est certainement très important et nous sommes attachés à la préservation de la nature. Toutefois, comme associations d’amateurs en géologie, nous nous opposons au projet consistant à interdire la collecte d’objets géologiques libérés sur l’estran, comme dans l’intérieur des terres. Nous acceptons l’interdiction d’accès aux falaises mais nous refusons l’interdiction du glanage, ramassage, collecte des objets géologiques sur les plages et l’estran de tout le domaine public maritime du Calvados. Depuis plus de 80 ans, au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris, notre démarche consiste à rassembler, informer, enseigner et éduquer, l’interdiction n’étant qu’une exception parfaitement justifiée scientifiquement. Nous n’avons pas observé que le libre accès, à tout un chacun, au ramassage des objets géologiques sur la plage et l’estran des communes concernées, avait posé un quelconque préjudice au rayonnement du patrimoine géologique local, ni à la science. Bien au contraire. C’est ce libre accès, aux promeneurs, aux amateurs en paléontologie, en géologie, aux enfants, qui a permis de sauvegarder une partie de ces fossiles, dont les scientifiques ont pu profiter et qui font aujourd’hui la fierté de nos musées et un attrait indéniable pour la région, notamment pour Villers-sur-Mer. La plupart des collections d’amateurs et des échantillons géologiques majeurs finissent dans nos musées et tous les géologues professionnels ont débuté par la libre collecte des roches, minéraux et fossiles. Pourquoi interdire cela aux autres ? L’interdiction de ramassage aura également un effet négatif sur la sensibilisation du public à la géologie et à la paléontologie. Et combien de vocations scientifiques et naturalistes ont pu naître grâce à la découverte de fossiles sur ces plages ? Villers-sur-Mer est connue dans toute la France et dans le monde pour son patrimoine géologique, qui n’est absolument pas menacé par les ramassages sur l’estran. La ressource est énorme et nous n’avons pas noté de saccages dommageables à la commune ou aux riverains. Par contre, avec la montée du niveau de la mer et le recul du trait de côte, phénomène dû au réchauffement climatique et qui va s’accentuer et durer de très nombreuses années voire siècles, l’estran et les plages des communes concernées seront bientôt totalement inaccessibles, irrémédiablement hors de portée. Heureusement nos enfants auront encore les musées, riches des collections des amateurs pour nous instruire et nous émerveiller. Pourquoi changer une démarche qui fonctionne ? Nous vous proposons de retirer de ce projet de création de réserve naturelle tout ce qui concerne une interdiction de la collecte des objets géologiques, roches, minéraux et fossiles sur les plages et l’estran de tout le domaine public maritime du Calvados. Pour le conseil d’administration de la SAGA Richard TREMBLIER, Président de l’association.
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FAIRE CIRCULER, C'EST TRÈS GRAVE ET RÉAGIR AVEC UNE EXTRÊME FERMETÉ !!! Une bombe ! On y vient ! Bientôt interdiction totale de collecte des fossiles, roches et minéraux en France ! Dans le cadre du projet de réserve naturelle en Normandie, une des associations militantes à lâchées l’info. Le but ultime est pour les fossiles, roches et minéraux le même statut que pour l’archéologie. Toutes les fouilles et tous les prélèvements sont strictement interdits, sauf autorisation spécifique de l’Etat ou de l’organisme délégataire. Lire là : Contribution n°772 (Web) Par Société Géologique du Nord Déposée le 15 septembre 2022 à 14h07 https://www.registre-dematerialise.fr/4130/contributions
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Une bombe ! On y vient ! Bientôt interdiction totale de collecte des fossiles, roches et minéraux en France ! Dans le cadre du projet de réserve naturelle en Normandie, une des associations militantes a lâché l’info. Le but ultime est pour les fossiles, roches et minéraux le même statut que pour l’archéologie. Toutes les fouilles et tous les prélèvements sont strictement interdits, sauf autorisation spécifique de l’Etat ou de l’organisme délégataire. En cas d’échange ou de vente ou même de don, poursuites pour recel. Lire là : Contribution n°772 (Web) Par Société Géologique du Nord Déposée le 15 septembre 2022 à 14h07 https://www.registre-dematerialise.fr/4130/contributions
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J’ai travaillé au début des années 1980 avec les paléontologues de Villers-sur-Mer, dans le cadre de mes recherches de jeune chercheur au CNRS. Je connais donc la côte normande, notamment les très célèbres falaises des Vaches Noires. Aujourd’hui, plus de trente années de travail de terrain, prospections et fouilles, mais aussi de protection et vulgarisation, en France et dans le monde, me permettent d’apporter mon expérience au débat lancé par le projet de création d’une RNN sur le littoral normand du Calvados. La soumission d’un tel projet est une excellente idée, mais le dossier souffre de quelques approximations et erreurs rédhibitoires, notamment en ce qui concerne la protection du patrimoine géologique et paléontologique. Mon point de vue est simple et sans appel : en l’état actuel, ce projet ne peut être engagé plus loin tant qu’une réflexion ne sera pas menée avec les personnes compétentes, aboutissant à un projet cohérent. L’exemple le plus remarquable concerne le site des Vaches Noires et la proposition d’y interdire toute forme de collecte des fossiles. Tout d’abord, il y a quelque chose de malsain à vouloir tout interdire (la prohibition n’a jamais empêché les américains de boire du bourbon frelaté). Ces interdictions, malgré tout nécessaires à la protection, doivent être pondérées, discutées dans l’intérêt du patrimoine et de sa connaissance. Ici, aux Vaches Noires, l’interdiction totale conduirait à la destruction tout aussi totale du patrimoine sous l’action des marées. Le seul moyen de protéger ce patrimoine est justement de le collecter systématiquement. Et la communauté suffisamment nombreuse possédant ce savoir-faire est celle des paléontologues amateurs. En corrélat à ce constat, se pose le problème du devenir des spécimens ainsi sauvegardés. L’expérience de nombre d’entre nous nous mène à constater que tôt ou tard ces spécimens intègrent des collections publiques et sont accessibles à l’investigation scientifique. Quant au vrai problème du commerce, éducation et discussion aussi bien que solutions légales devraient le freiner. Il est certain que le dossier « Côtes normandes » pourra être resoumis après révision, mais il aura eu, à mon avis, le grand intérêt de réactiver certaines questions récurrentes en paléontologie. Notre discipline ne pourra plus faire l’économie d’un vrai débat sur les amateurs et les collections privées Il me plait de penser que notre génération aura ouvert ce débat et que la suivante apportera des solutions. Jean-Michel Mazin Docteur es sciences Directeur de Recherche au CNRS (en retraite) Président du Conseil Scientifique de la Réserve Naturelle Nationale d’Intérêt Géologique du Lot Membre du Conseil Scientifique et de Prospective du Parc Naturel Régional des Causses du Quercy Membre du Conseil Scientifique Régional du Patrimoine Naturel (CSRPN Occitanie) Membre de la Commission Régionale du Patrimoine Géologique (CRPG Occitanie) Mazin Jean-Michel Déposée le 15 septembre 2022 à 10h02
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Par Pezy Jean-Philippe Déposée le 15 septembre 2022 à 09h06 A Monsieur le Commissaire enquêteur, Découvrir un tel projet sans qu’aucune structure locale (Universités, musées, associations, laboratoire de recherche…) et nationales n’aient été consultées autour de la mise en place d’une telle réserve est déconcertant. Néanmoins, je me réjouis de l’intérêt que porte enfin l’état au patrimoine et à la diversité géologique Normande. Mais, je ne comprends pas les motivations à mettre en place une telle réserve spécifiquement au niveau des falaises qui ne sont pas soumises à un réel danger anthropique mis à part celui de l’érosion. Le conservatoire du littoral a déjà une politique de protection de ces espaces naturels. Ne pas inclure la faune, flore marine est regrettable, car ces habitats portent une importante diversité d’habitats et d’espèces. Je ne comprends pas que le Conseil national de la protection de la nature (CNPN) et le conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Normandie (CRSPN) aient décidé de « pointer la nécessité de renforcer la protection du patrimoine géologique et paléontologique en posant un principe d’interdiction aux prélèvements, y compris le ramassage des fossiles et minéraux sur le domaine public maritime ». En effet, ces prélèvements, qui consistent plus véritablement au sauvetage de ces objets géologiques (fossiles et minéraux), sont essentiels afin de sauvegarder ce patrimoine géologique. Je n’ai pas souvenir de voir des membres de ces conseils sur le terrain, le long des falaises des côtes du Calvados, prendre une telle disposition en toute ignorance du travail de sauvegarde réalisé au quotidien par les promeneurs pose question sur le réel sérieux que peut avoir ces conseils scientifiques. La Normandie est historiquement une importante région de naturalistes, qui ont fortement échanger et collaborer avec les scientifiques afin de mettre à disposition le matériel nouveau. Je suis contre la mise en place de cette réserve dans cette forme actuelle. Si la DREAL et la région Normandie souhaitent s’intéresser au patrimoine géologique, ne serait-il pas l’occasion de remettre en place un muséum d’histoire naturelle à Caen comme historiquement présent. Ce muséum permettrait de sensibiliser le public à ce patrimoine géologique mais également à l’ensemble des sciences naturelles.
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Docteur en géologie, je me suis passionné pour cette science car j'ai ramassé de nombreux fossiles dans mon enfance sur la côte normande. Ramener des fossiles à la maison ou à l'école m'a permis de sensibiliser ma famille, mes amis, mes camarades de classes. Il me semble donc dommage de brider de futures passions en interdisant le ramassage des fossiles sur l'estran, qui sont de toute façon voués à la destruction par la mer! Si une telle interdiction était mise en place, elle empêcherait pas certains collectionneurs peu scrupuleux de venir la nuit ou de se fondre au milieux des pécheurs à pieds sur l'estran. Seul, le grand public, les enseignants et les scolaires se retrouveraient lésés ! Il me semblerait plus pertinent de protéger les falaises uniquement en y interdisant l'utilisation d'outils lourds mais d'autoriser le ramassage à la main (on trouve de très belles choses à Luc ou à Villers même sans marteau!). Il est d'ailleurs plus facile de repérer et de contrôler quelqu'un avec une barre à mine à la main plutôt qu'avec 3 brachiopodes en poche... Pour résumer : contre les extractions dans les falaises à l'outil lourd (sauf évidement dans le cas de découverte exceptionnelle sous contrôle d'une autorité scientifique) mais pour le ramassage à la main ! Anonyme Déposée le 28 août 2022 à 11h34
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En temps que responsable du "Parcours Paléontologique " de l'Université de Rennes 1 situé à l'IUT de Saint-Malo 35400 je suis contre le fait que dans ce projet de création d'une réserve naturelle nationale sur les falaises jurassiques du Calvados on interdise le ramassage des fossiles soumis à l'érosion naturelle littorale et qui se trouvent sur l'estran. Ces fossiles ramassés par des amateurs, permettent très souvent de compléter des collections de musées. Ces dons n'existeraient plus. La paléontologie perdrait beaucoup. Denis ORTIS Déposée le 27 août 2022 à 22h04
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Je m’appelle Laurent Picot et je suis paléontologue au Musée, le Paléospace de Villers-sur-Mer. Ce musée est labellisé « Musée de France » et j’en suis le représentant pour l’Etat comme « Responsable scientifique », statut reconnu par le Ministère de la Culture, avec inscription au journal officiel et tout le tralala... Mon rôle dans ce musée est varié… -je participe à la réalisation d’extension du musée sous forme d’exposition permanente -je réalise des expositions temporaires (annuelles ou bisannuelles) -je « gère » une équipe de médiateurs scientifiques (des personnes très bien qui ont tous bac +5) qui permettent au grand public de découvrir la paléontologie, la biologie et l’astronomie… un public de tout âge, scolaire (de la maternelle aux universitaires) et grand public, par des visites guidées dans le musées, des ateliers, des visites guidées sur le terrain, des nocturnes… -je participe à la formation de jeunes paléontologues en encadrant des Master 2 du Muséum national d’histoire naturelle, des universités de Rennes, Reims, Lille, Nantes, Lyon... Tous les pdf de leur mémoire est téléchargeable sur le site du Paléospace. https://www.paleospace-villers.fr/Publications -je gère avec mon équipe les collections du Musée et de leur mise en valeur (inventaire et récolement). -je mets à disposition de nombreux chercheurs internationaux et aux doctorants les fossiles des collections d’état du Musée (labellisé Musée de France) pour des études et depuis 2014, il y a eu plus de 40 publication scientifiques sur les collections du Musée qui proviennent des falaises des Vaches Noires, zone concernée par les réserves nationales naturelles pour le département du Calvados. Les universités régionales travaillent également sur ces zones à l’image des études géomorphologiques sur les Falaises des vaches noires menées par le Laboratoire de géographie de l’université de Caen. Par contre, rien depuis des années en sédimentologie et en paléontologie. Lorsque le DREAL a démarché le Paléospace il y a deux ans pour présenter les futures réserves, j’étais plutôt enthousiaste, car enfin on s’intéressait au patrimoine naturel de la région et à la géologie et la paléontologie. En effet, à l’image de la Jurassic Coast anglaise classée à l’Unesco où on peut collecter des fossiles, il semblait que l’on accorde un intérêt à autre chose qu’au patrimoine bâti... Toujours penser au patrimoine naturel quand on pense au patrimoine (le patrimoine, ce n’est pas que les émissions de Stéphane Bern! J’ai rien contre lui mais on néglige trop souvent le patrimoine naturel, ce qui vous entoure et que vous connaissez mal en général). Nous avons demandé la première année si nous pourrions toujours ramasser les fossiles de l’estran amenés par l’érosion des falaises. Les personnes de la DREAL nous ont affirmé qu’il n’y aurait aucun problème à ramasser ces fossiles. Un an plus tard, des « instances scientifiques » auraient voté contre le ramassage des fossiles sur la plage. Ma première impression était plutôt bizarre. Pourquoi était-on venu démarcher le Paléospace pour son expertise scientifique pour les visites alors nous ne faisions pas partie de ces « instances scientifiques » ? Notre contact avec ces instances scientifiques a été catastrophique. Le Paléospace a été traité de receleur par la représentante nationale…(et quelle représentante…elle-même virée d’une réserve géologique du sud de la France quelques années plus tôt et réintégrée quelques années plus tard)… comme les collections « musée de France » appartiennent à l’Etat, c’est donc l’Etat qui était receleur… le représentant des instances scientifiques régionales a longé les murs ; tout le monde est parti rapidement prétextant un rendez-vous avec le préfet… Moi et mon équipe continuons les visites pour présenter les futures réserves (nous sommes toujours mandatés par la DREAL) et l’utilité d’empêcher de ramasser des fossiles qui vont être détruits par la mer nous semble idiot. Cet avis est partagé par la majorité des participants. Protéger des choses en destruction est une démarche stérile ! Actuellement, les falaises des Vaches Noires sont protégées par le Conservatoire du Littoral. Malheureusement, certaines personnes montent dans les falaises pour collecter et je le déplore. Hors de la falaise, sur l’estran, il est possible de ramasser des fossiles qui sont destinés et la destruction en quelques semaines par le ressac de la mer et les chocs des galets entre eux. En quelques semaines, ces fossiles deviennent du sable. Cela fait plus de deux siècles que cette pratique a cours, comme l’atteste le grand nombre de publications scientifiques sur les falaises des Vaches noires et leurs fossiles (plus de 250…). Ceci contribue à la renommée des Vaches Noires (allez dans n’importe quel musée européen, des fossiles des Vaches noires y sont exposés). La mise au jour régulière des fossiles est réalisée par les marées et l’érosion, et la collecte sur la plage ne réduisent pas les quantités. De plus, avec le réchauffement climatique et l’accélération de l’érosion, de plus en plus de fossiles arriveront sur l’estran (lisez les thèses produites à Caen sur la géomorphologie des falaises 😉 ). . Alors que cela semblait une bonne idée au départ, cette réserve aboutira à un appauvrissement culturel si elle est mise en pratique avec les 2 récents ajouts réglementaires proposés par le CNPN et le CSRPN en décembre 2021. En effet, les musées comme le Paléospace s’appuient sur des collections rassemblées par des amateurs. Les collectionneurs qui le souhaitent peuvent donner des fossiles ou leur collection à des musées labellisés « Musée de France », permettant à ces collections de devenir patrimoine d’Etat. Ces collections servent à faire des expositions pérennes et temporaires, de former de jeunes paléontologues, de réaliser des publications scientifiques internationales en collaboration avec des chercheurs des universités nationales et internationales. Certains collectionneurs privés se rendent bien compte de l’intérêt des fossiles qu’ils découvrent. Certains contactent alors les musées et les y déposent quand une publication avec la description d’une nouvelle espèce est possible. C’est le cas des coelacanthes avec une publication dans Nature et de requins trouvés récemment en Normandie. Ensuite, même si les collectionneurs privés collectionnent pour eux, avec le temps, ces collections arriveront dans les musées. Je m’explique, les collectionneurs sont des gens passionnés, souvent tellement passionnés qu’en général, ils dégoutent toute leur famille. Avec cette collection, il réalise un véritable travail qui s’accompagne souvent d’un inventaire. A la fin de leur vie, se pose une question “que va devenir ma collection?” C’est là que les musées de France comme le Paléospace, Le Havre, Elbeuf, Rouen et Cherbourg peuvent jouer leur rôle. En récupérant le don de ces collections, ils pérennisent le travail de ces collectionneurs et transforment ces collections en collections d’état permettant leurs mises en valeurs culturelle et scientifique (exposition et publications). Le nom du collectionneur est toujours associé à cette collection et lui confère une pérennité (les collections d’état musée de France sont inaliénables et imprescriptibles) et une reconnaissance de son travail. On peut se poser de la question de la mise en valeur scientifique dans une réserve. Si on s’intéresse à la seule réserve géologique normande actuelle (Cap Romain), combien de véritables publications scientifiques sont sorties depuis sa création ? Des véritables publications internationales avec un comité de lecture? …pas de rapport de plan de gestion, des vraies publications scientifiques ? Pas grand chose en fait. Quand on parle de mise en valeur scientifique, il faut s’en donner les moyens ! Lorsque des enfants ou des adultes ramassent des fossiles sur l’estran lors de nos visites guidées dans le cadre du Paléospace, ils en retirent un plaisir mais aussi une prise de conscience de la biodiversité, de l’écologie, de la notion du temps, des paléoenvironnements, de l’Histoire de la Terre. Ils s’approprient une histoire naturelle qu’ils voudront défendre ! Ce ramassage qui se résume souvent à des huîtres, des radioles d’oursins et de coraux pour les plus costauds, permet de sensibiliser le grand public et les enfants (on est loin du criblage quotidiens des galets et du déplacement de sable au bulldozer sur les plages des villes locales alors que normalement, il est interdit de toucher à la laisse de mer…). On ne défend que ce que l’on connaît !! Sensibiliser au patrimoine naturel passe par la pratique. Alors oui, cela passe par le prélèvement d’une dizaine d’Actinostreon gregareum, mais ce patrimoine naturel qu’une personne s’approprie, il lui permet de prendre conscience de ce patrimoine, il ne va pas modifier la sédimentologie locale ! J’ajouterai que les conséquences économiques pour la Côte fleurie ne sont pas à négliger puisque de nombreux touristes viennent dans notre région pour cette valeur culturelle qu’est la paléontologie. Tous ces visiteurs dont beaucoup sont étrangers consomment sur le territoire. De nombreux chercheurs des universités normandes, françaises et étrangères se sont positionnés contre cette extension de protection qu’ils trouvent contre-productive. Différents membres des associations de chercheurs (Association paléontologie Française, Société géologique de France..) et des associations d’amateurs français et européens s’interrogent sur le bien-fondé de cette extension à l’estran Ils se sont mobilisés et leur appel a été relayé par de nombreuses universités étrangères (surtout allemandes et suisses). Tous ces chercheurs en paléontologie français n’ont jamais été consultés… Oui à la mise en valeur du patrimoine paléontologique normand (enfin…), non à la mise sous cloche… la science participative est prônée par l’Etat… qu’il s’en donne les moyens !! Travailler dans un musée, surtout Musée de France donc labellisé par l’Etat et reconnu par le Ministère de la Culture m’a toujours rendu plutôt fier… Eveiller le public au patrimoine naturel qu’il l’entoure, c’est ce qui me motive… et là, empêcher ce public de s’approprier ce patrimoine naturel me semble une colossale erreur !! Laurent Picot, Paléontologue au Musée de France, Paléospace de Villers-sur Mer Par Laurent Picot Déposée le 28 août 2022 à 03h19
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Bonjour , moi -même diplômé en géologie sédimentaire ( Doctorat d' Université et CNRS ) , je souhaite réagir à votre projet d 'interdiction de ramassage de fossiles sur l 'estran des falaises normandes , car il n 'est en rien justifié , bien au contraire , ce projet de classement en 'Zone Protégée' pour l 'estran bordant les falaises normandes est totalement contre productif et ce pour plusieurs raisons : - les fossiles situés sur l 'estran sont soumis à l 'érosion marine et sont inévitablement détruits au cours du temps - l 'apport des collectionneurs à la paléontologie est loin d' être négligeable , on peut citer les découvertes de 4 Ichtyosaures complets sur le chantier du TGV Est en Lorraine . Les chercheurs de fossiles amateurs constituent donc un moyen puissant de découvertes potentielles pour la paléontologie française . C'est d 'autant plus vrai que les postes de recherche ( Universités , CNRS , Musées ) dans le domaine de la Paléontologie sont extrêmement rares , car ce domaine des sciences de la Terre trop 'naturaliste ' est déconsidéré ( au profit d'autres disciplines , géol structurale géochimie , géophysique ) dans les orientations de la recherche française actuelle . - L 'apport éducatif de l 'estran normand est très important pour le public , enfants adultes , et peut aussi entrainer des vocations pour les sciences géologiques chez les jeunes , sachant que les autres lieux de recherche possibles comme les carrières sont presque tous interdits au public - Il n 'y donc aucun motif objectif et réel pour maintenir ce projet de Réserve totale en Normandie Anonyme Déposée le 27 août 2022 à 13h48
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La protection des sites naturels contre une exploitation sauvage à des fins commerciales (exemple ancien: la dynamite )dans le Mt Blanc pour le quartz) est évidemment légitime: mais il ne faut pas abuser de cette notion. L'interdiction, toujours et partout, de quelque prélèvement que ce soit relève du sectarisme écologique. Dans la plupart des sites naturels (comme le notait il y a longtemps M. Guillemin, alors patron du BRGM, si je ne me trompe), les fossiles (et les minéraux aussi bien) se dégradent inéluctablement. C'est particulièrement vrai des affleurements de bord de mer, et en particulier des estrans et bloc éboulés. Interdire une prospection raisonnable (ramassage, marteau-burin) est contre-productif: on satisfait peut-être une haine viscérale des collectionneurs, mais on s'interdit en fait toute protection durable du matériel fossile, et, bien entendu, toute découverte. Pour mémoire, c'est la prospection par les amateurs des champs de la Sarthe qui a permis un renouvellement complet de notre connaissance de la faune fossile du Callovien de ce département. Je suis donc complètement hostile au projet de Réserve que vous entendez mettre en oeuvre. Avec me meilleurs sentiments Christian Marignac Professeur émérite (Géologie) de l'Université de Lorraine Par marignac christian Déposée le 26 août 2022 à 16h44
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Interdire l'accès aux falaises pour éviter les accidents est une chose, interdire le ramassage de fossiles sur les estrans est une absurdité totale qui va conduire à l'extinction d'une science qui est à 99% tributaire des découvertes des amateurs (des centaines de personnes viennent d'ailleurs en Normandie chaque année pour cela)... La meilleure chose à faire est plutôt de valoriser davantage ce patrimoine via des panneaux et des sorties guidées. Par Thomas Gillot, Dr en Géologie Déposée le 26 août 2022 à 12h28
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En tant que professeur de SVT et ancien étudiant en Paléontologie, je suis tout à fait pour la création d'une réserve au niveau des falaises des vaches noires dans le Calvados. C'est un site que j'ai fréquenté de nombreuses fois au cours de mes études. J'ai aussi eu la chance de pouvoir y emmener des élèves qui en sont pour la plupart revenus émerveillés. La réserve permettrait donc de pouvoir préserver de façon plus pérenne le site. Par contre, je ne comprends pas (et m'oppose) à l'interdiction de ramassage des fossiles sur l'estran. Comment expliquer cette volonté ? Les fossiles libérés par l'érosion naturelle ne feraient que disparaître alors qu'ils pourraient marquer le début d'une petite collection pour de nouveaux futurs paléontologues amateurs. Contribution n°91 (Web) Par SAULNIER Harold éposée le 26 août 2022 à 12h55
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Subject: Project to create a national nature reserve on the Jurassic cliffs of Calvados. Dear Madam, Sir, I have read the project of a national nature reserve (RNN) whose public consultation takes place from August 24 to September 16: https://www.normandie.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-creation-d-une-reservenaturelle-a4158.html . The reserve project can be justified to improve the management and enhancement of the geological heritage. I fully agree with the need to protect certain outcrops such as the stratotype and cliffs of hard rocks (limestone, sandstone) in coastal areas and the rest of the rock typologies inland. BUT, the ban on collecting fossils subject to natural coastal erosion in loose formations (clays, marls, marl limestones) is incomprehensible. They will be destroyed in a few days to a few weeks in any case. The collection of fossils on the foreshore has been a historical practice for more than 200 years that contributes: - to the national and international fame of the site, - to the tourist attraction of the coast, - to the dissemination of participatory sciences, - to a playful awareness of natural sciences for young generations who are careful to confront reality to fight against pseudosciences and ideologies, - the wonder of the discovery, - the emergence of scientific and naturalistic vocations, - the rescue of fossils that can be exploited scientifically - the safety and observation of the evolution of the site because of the vigilance of amateurs who report anomalies (faults, slips, shells, ropes ...). Prohibiting the collection of fossils subject to natural erosion in meub formationsis tantamount to protecting their destruction and preventing new scientific discoveries! This is contrary to the approach of a nature reserve and the preservation of the geological heritage. I ask that the nature reserves administration takes account of the lithological nature and the deterioration of the elements contained (minerals, fossils) in their management by allowing collection in flows, bouldered blocks and on foreshores subject to marine erosion (material reduced to hammer-chisel and moderate sampling). The administrative burdens that will result from the derogation requests will only increase French research already battered by the system of calls for projects, which are time-consuming, and the lack of resources attached to paleontology. The time spent in prospecting by amateurs represents thousands of hours a year, it is irreplaceable (no creation of specialist posts is planned to compensate for them, only monitoring and verbalization stations). Also, many geologists take their students to these classic fields of French geology in order to introduce them to field studies (including the collection of stratigraphic fossils) and we, geologists, hope that this will continue. This activity, programmable only a few weeks before the excursions, is incompatible with the deadline prescribed by law and must be revised downwards (1 month would be more appropriate). I am aware that this pilot project in France will most likely lead to a ban on sampling on the entire French coast. This is unacceptable for several reasons: - heritage: a loss of geological and paleontological heritage that will be destroyed by erosion, a destruction of networks ofcollaboration between museums/universities and amateurs, collections that will no longer reach museums and that will be resold, - pedagogical: the loss of a wonderful educational tool of a participatory natural science, free initiation to geology, - scientists: fewer discoveries, less knowledge, less research! - economic: a loss of tourist attraction of the sites and therefore economic for the municipalities concerned and surrounding, - cultural and societal: a lack of interest on the part of the public in an impracticable discipline. A discarding of paleontology that leaves the field of sensitive experience to become a "museum" science. There is also a risk of the development of illegality, speculation and dangerous behaviour (night harvesting, rising tide, etc.). The dangers or accidents mentioned by the State services such as falls/injuries in cliffs are anecdotal and not necessarily related to fossil hunters. People who climb cliffs, defying municipal bylaws, are very often tourists and not amateur researchers. It would be very difficult to attribute any deterioration of habitats to these few past occurrences... However, it makes sense to protect over-frequented sites (e.g. collection of souvenir pebbles). The notion of looting often advanced is to be applied with caution: the jackhammer and the mine bar on foreshore in SainteHonorine-des-Pertes are part of it, the taking of fossil oysters present by the millions to the Black Cows not. I am therefore in favour of managing the activities authorised by site (mini-management plan for each site). Like the collective that opposed the RNN project, we propose that the reserve project include: - A tolerance for ethical pick-ups on the model of the Code of Conduct of West Dorset which also concerns jurassic layers (Jurassic Coast): https://jurassiccoast.org/wp-content/uploads/2015/10/West-Dorset-FossilCollecting-Code-of-Conduct.pdf French translation: https://drive.google.com/file/d/1X-TphL5HDG2Xu4zkSiqoMugdx_RTjnB/view?usp=sharing - Educational panels and legal reminders to raise public awareness. - The establishment of areferent for each site that users can contact to report a discovery or a danger. To paraphrase, the target for "maintaining the integrity of the geological and paleontological heritage" of this reserve project will most likely have the opposite effect. We understand the need to protect deposits and cliffs from destruction and oblivion. We do not see how the ban on pick-up will serve this direction. The collection by amateurs has never dried up the stock of fossils. Instead, this has contributed to the collections of paleontology museums and French research. It is by saving fossils from erosion that public interest in the geological and paleontological heritage of these sites was born and grew. It is also a great laboratory to encourage vocations in young people and for our students since observations are easy for sedimentology as well as for paleontology,hydrogeology (coastal dynamics, erosion ...), etc. Finally, if the status of nature reserve in France does not allow any evolution and taking into account the present claims, perhaps it is necessary to devise a new status. Yours sincerely Dr Carole Burrow Honorary Research Fellow Queensland Museum Brisbane Australia Contribution n°25 (Web) Par Carole Déposée le 25 août 2022 à 02h13
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Le plus grand destructeur de fossiles restera toujours la mer. Interdire la collecte raisonnée de fossiles, de minéraux en milieu côtier sur l'estran montre une méconnaissance totale des phénomènes d'érosion, surtout en présence de roches tendres. De telles interdictions, qui se multiplient, conduiront à la mort en France de la paléontologie, minéralogie : ces sciences de la terre nécessitent de plus une collaboration saine entre amateurs et professionnels (espèce rare), et une collecte raisonnée. De telles interdictions, en plus d'être liberticides, empêchent les vocations de germer, et entravent fortement l'étude de notre patrimoine géologique. Philippe LORAND, ingénieur géologue Par LORAND Philippe Déposée le 24 août 2022 à 20h02
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La collecte de fossiles est pour beaucoup un plaisir, pour un certain nombre d'entre nous une source d'étude et de nombreuses publications scientifiques en témoignent. Pour presque tous il s'agit d'une passion ancrée depuis l'enfance. Les plus jeunes vont-ils être privés de la joie que procure la découverte d'un fossile et de l'enseignement qu'ils recevront des plus âgés sur son origine ? Depuis des décennies le fruit des découvertes de ces passionnés enrichit les collections publiques des musées de France et d'ailleurs que fréquentent assidûment les étudiants et scientifiques pour leurs recherches. Il est légitime de s'interroger sur la pertinence et l'objectivité d'une interdiction totale du ramassage des fossiles sur les plages. Personne n'utilise de pelleteuse sur l'estran ou de marteau-piqueur pour s'attaquer à la falaise alors que la mer effectue ce travail deux fois par jour le plus naturellement et depuis toujours. Il est étonnant que les "géologues experts" qui ont apporté leur contribution à la conception de ce projet absurde n'aient pas songé à proposer aussi l'interdiction des marées ! Ce projet en l'état est une ineptie car tous les fossiles extraits de leur roche par les éléments naturels sont voués à être irrémédiablement détruits par la mer s'ils ne sont pas collectés. Alors que plus de vingt associations normandes actives s'intéressent exclusivement ou en partie à la géologie et à la paléontologie, une seule a été consultée et semble être partie prenante dans ce projet de réserve. Or, il est de notoriété publique que son président qui ne possède absolument aucune compétence dans le domaine de la paléontologie nourrit une aversion maladive pour les chercheurs de fossiles en général et par extension pour les paléontologues amateurs et professionnels. Par contre, cette personne semble exceller dans l'art de la chasse aux subventions ; quelques recherches sur le web suffisent à s'en convaincre. C'est acté, ramasser un fossile deviendra bientôt un délit passible d'une lourde amende, un triste sire n'a pas hésité même à qualifier les musées de receleurs. Par conséquent nous nous opposons fermement à ce projet de réserve géologique en l'état et demandons une réunion en table ronde dans les meilleurs délais avec les représentants de toutes les associations concernées de la Région Normandie. Cordialement. Yves LEPAGE, président de Sciences et Géologie Normandes. P.S. : Veuillez trouver ci-joint une pétition contre l'interdiction du ramassage de fossiles signée par 331 personnes Contribution n°19 (Web) Par Yves LEPAGE Déposée le 24 août 2022 à 20h16
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M. GENDRY Damien à DREAL Normandie Service Nature et Biodiversité Objet : Projet de création d’une réserve naturelle nationale sur les falaises jurassiques du Calvados. Madame, Monsieur, J’ai pris connaissance du projet de réserve naturelle nationale (RNN) dont la consultation publique a lieu du 24 août au 16 septembre : https://www.normandie.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-creation-d-unereserve-naturelle-a4158.html . Le projet de réserve peut se justifier pour améliorer la gestion et la valorisation du patrimoine géologique. J’adhère entièrement à la nécessité de protéger certains affleurements comme le stratotype et les falaises de roches dures (calcaires, grès) en zone littorale et le reste des typologies rocheuses dans les terres. MAIS, l’interdiction de collecter les fossiles soumis à l’érosion naturelle littorale dans les formations meubles (argiles, marnes, calcaires marneux) est incompréhensible. Ils seront détruits en quelques jours à quelques semaines dans tous les cas. Le ramassage des fossiles sur l’estran est une pratique historique depuis plus de 200 ans qui contribue : - à la renommée nationale et internationale du site, - à l’attrait touristique de la côte, - à la diffusion des sciences participatives, - à une sensibilisation ludique aux sciences naturelle pour des jeunes générations qui ont besoin de se confronter au réel pour lutter contre les pseudosciences et idéologies, - à l’émerveillement de la découverte, - à l’émergence de vocations scientifiques et naturalistes, - à des sauvetages de fossiles qui pourront être exploités scientifiquement, - à la sécurité et à l’observation de l’évolution du site du fait de la vigilance des amateurs qui signalent les anomalies (failles, glissements, obus, cordages…). Interdire la collecte des fossiles soumis à l’érosion naturelle dans les formations meubles revient à protéger leur destruction et empêcher de nouvelles découvertes scientifiques ! C’est contraire à la démarche d’une réserve naturelle et à la préservation du patrimoine géologique. Je demande à ce que les réserves naturelles françaises littorales prennent en compte la nature lithologique et la détérioration des éléments contenus (minéraux, fossiles) dans leur gestion en permettant la collecte dans les coulées, blocs éboulés ainsi que sur les estrans soumis à l’érosion marine (matériel réduit au marteau-burin et prélèvements modérés). Les lourdeurs administratives qui résulteront des demandes dérogatoires ne feront qu’accroître une recherche française déjà malmenée par le système des appels à projets, chronophages, et le manque de moyens accordés à la paléontologie. Le temps passé en prospection par les amateurs représente des milliers d’heures par an, c’est irremplaçable (aucune création de postes de spécialistes n’est prévue pour les compenser, seulement des postes de surveillance et verbalisation). Egalement, de nombreux géologues emmènent leurs étudiants sur ces terrains classiques de la géologie française afin de les initier aux études de terrain (incluant la collecte de fossiles stratigraphiques) et nous, géologues, souhaitons que cela perdure. Cette activité, programmable quelques semaines seulement avant les excursions, est incompatible avec le délai prescrit par la loi et doit être revu à la baisse (1 mois serait plus approprié). J’ai conscience que ce projet pilote en France mènera très probablement à l’interdiction de prélèvement sur tout le littoral français. C’est inacceptable pour plusieurs raisons : - patrimoniales : une perte de patrimoine géologique et paléontologique qui sera détruit par l’érosion, une destruction des réseaux de collaborations entre musées/universités et amateurs, des collections qui ne parviendront plus aux musées et qui seront revendues, - pédagogiques : la perte d’un merveilleux outil pédagogique d’une science naturelle participative, d’initiation libre à la géologie, - scientifiques : moins de découvertes, moins de connaissances, moins de recherche ! - économiques : une perte d’attrait touristique des sites et donc économique pour les communes concernées et environnantes, - culturelles et sociétales : un désintérêt du public pour une discipline impraticable. Une mise au rebut de la paléontologie qui quitte le champ de l’expérience sensible pour devenir une science « de musée ». Egalement, un risque de développement de l’illégalité, la spéculation et des comportements dangereux (récolte de nuit, à marée montante…), Les dangers ou accidents mentionnés par les services de l’État comme les enlisements de personnes ou chutes/blessures en falaises sont anecdotiques et pas forcément liés à des chercheurs de fossiles. Les personnes qui grimpent en falaises, bravant les arrêtés municipaux, sont très souvent des touristes et non des chercheurs amateurs. Il serait bien difficile d’attribuer une quelconque détérioration des habitats à ces quelques passages... Il est cependant logique de protéger les sites sur-fréquentés (ex : Etretat et le prélèvement de galets souvenirs). La notion de pillage souvent avancée est à appliquer avec précaution : le marteau-piqueur et la barre à mine sur estran à Sainte-Honorine-des-Pertes en font partie, le prélèvement d’huîtres fossiles présentes par millions aux Vaches Noires non. Je suis donc favorable à une gestion des activités autorisées par site (mini-plan de gestion pour chaque site). Comme le collect’if qui s’est monté contre le projet de RNN, nous proposons que le projet de réserve intègre : - Une tolérance aux ramassages éthiques sur le modèle du Code de conduite de l’Ouest du Dorset qui concerne aussi les couches Jurassiques (Jurassic Coast) : https://jurassiccoast.org/wp-content/uploads/2015/10/West-Dorset-Fossil-Collecting-Code-of-Conduct.pdf Traduction française: https://drive.google.com/file/d/1X-XTphL5HDG2Xu4zkSiqoMugdx_RTjnB/view? usp=sharing - Des panneaux pédagogiques et rappels légaux pour sensibiliser le public. - La mise en place d’un référent pour chaque site que les usagers puissent contacter pour signaler une découverte ou un danger. Pour paraphraser le Collect’if, l’orientation pour « le maintien de l’intégrité du patrimoine géologique et paléontologique » de ce projet de réserve aura très probablement un effet inverse. Nous comprenons la nécessité de protéger les gisements et les falaises de la destruction et de l’oubli. Nous ne voyons pas comment l’interdiction de ramassage servira cette orientation. Le ramassage par les amateurs n’a jamais tari le stock de fossiles. Il a plutôt contribué aux collections des musées de paléontologie et à la recherche française. C’est en sauvant les fossiles de l’érosion qu’est né et qu’a grandi l’intérêt du public pour le patrimoine géologique et paléontologique de ces sites. C’est également un formidable laboratoire pour susciter des vocations chez les jeunes et pour nos étudiants puisque les observations y sont faciles aussi bien pour la sédimentologie que pour la paléontologie, l’hydrogéologie (dynamique côtière, érosion…), etc. Enfin, si le statut de réserve naturelle en France ne permet aucune évolution et prise en compte des présentes revendications, peut-être faut-il imaginer un statut nouveau. Restant à votre disposition pour en discuter, je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à ma considération distinguée. M. GENDRY Damien Responsable des collections géologiques (Université Rennes 1), acteur du patrimoine géologique et membre de diverses sociétés savantes Contribution n°20 (Web) Par Gendry Damien Déposée le 24 août 2022 à 20h18
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L'interdiction de ramassage des fossiles sur l'estran dans le cadre de la création de la réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados me parait extrêmement contre-productif pour les raisons exposées ci-dessous : - Les fossiles non collectés seront détruits par l'action des marées, ce qui paraît étrange pour un projet visant à la protection de notre patrimoine paléontologique. - Cette interdiction conduira à une dégradation notable des relations entre paléontologues amateurs et paléontologues professionnels. Or une collaboration extrêmement fructueuse s'est mise en place au cours des années entre ces deux communautés, aidé en cela par le rôle de relais des musées de proximité tels que le Paléospace à Villers-sur-Mer. Les professionnels ne sont plus assez nombreux et n'ont plus les moyens nécessaires au suivi des sites paléontologiques sur le territoire national. Ce suivi est donc assuré en grande partie par des amateurs qui communiquent leurs découvertes aux professionnels, souvent par le biais de musées locaux. Les fossiles d'intérêt scientifiques sont ainsi donnés à des collections publiques et publié dans des revues nationales ou internationales. Les articles scientifiques ainsi produits sont de plus souvent cosignés par des amateurs et des professionnels, renforçant ainsi les liens entre les deux communautés (voir un exemple en pièce jointe). Au final l'interdiction de ramassage sur l'estran conduira donc : a) à une baisse de la production scientifique; b) à la fragilisation du rôle ô combien important des musées locaux dans les relations entre professionnels et amateurs; c) à une baisse notable du nombre de fossiles récoltés et déposés dans des collections publiques. - Enfin, l'interdiction de ramassage aura un impact négatif sur la sensibilisation du public à la protection de notre patrimoine scientifique. Encore étudiant en thèse, j'ai eu la chance de guider de nombreux groupes de touristes dans des excursions le long de l'estran des Vaches Noires. Ces excursions étaient l'occasion pour des personnes souvent peu familières avec les fossiles de découvrir leur premier fossile et de prendre conscience de leur valeur. De plus, ces visites étaient l'occasion de collecter de nombreux fossiles sous le contrôle d'un professionnel qui pouvait donc remarquer tout fossile d'importance scientifique et en assurer le don à une collection publique. Ces excursions sont également l'occasion de faire naître des vocations auprès d'un jeune public. L'interdiction de ramassage le long de l'estran rendra impossible l'organisation de telles activités et réduira drastiquement le lien entre le public et son patrimoine géologique, ce qui est à mon sens extrêmement regrettable. C'est pour l'ensemble de ces raisons que je recommande instamment que cette mesure soit totalement abandonnée dans le projet de création de la réserve naturelle nationale des falaises jurassiques du Calvados. Gilles Cuny, Professeur de paléontologie à l'Université de Lyon. asteracanthus-fossile-vaches-noires-calvados.pdf
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Par Daniel GUENEAU Déposée le 24 août 2022 à 11h31 Bonjour, J’ai pris connaissance du projet de création de l’immense réserve des Falaises du Calvados. Paléontologue amateur, je connais parfaitement la richesse de ces sites en fossiles. Je suis également habitué, comme bon nombre de mes collègues paléontologues amateurs à travailler avec les scientifiques universitaires, et nous ne manquons pas de leur faire part de nos trouvailles intéressantes. Nous savons que nos spécimens « publiés » sont confiés aux collections universitaires, et cela ne nous gêne pas. Cette réserve se propose d’interdire tout ramassage de fossile sur l’estran. C’est totalement ridicule. La mer y détruit les fossiles en quelques mois. C’est également totalement improductif pour la science qui a depuis toujours progressé avec l’apport des amateurs, aussi bien en paléontologie qu’en minéralogie. De plus ces endroits de ramassage « facile » sont des lieux magiques pour l’initiation des jeunes à la paléontologie, et lieux de naissance de vocations. Comment intéresser des jeunes s’ils ne peuvent se poser de questions en ramassant un fossile. Je ne suis pas contre les réserves qui protègent en évitant de « taper » en place, mais contre cette interdiction de ramassage de fossiles détachés ou dans de petits blocs détachés sur l’estran, qui sont voués à une destruction très rapide.. Je demande que cette interdiction de ramassage soit supprimée du projet. D. Gueneau
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ALLAIN Ronan Déposée le 12 septembre 2022 à 11h05 Paléontologue au Muséum National d’Histoire Naturelle et spécialiste des dinosaures, j’ai eu le privilège de pouvoir travailler pendant ma thèse sur les dinosaures du Jurassique de Normandie. Parmi le matériel à ma disposition, les premiers restes de dinosaures décrits scientifiquement par Georges Cuvier en 1800, ceux du dinosaure carnivore Streptospondylus altdorfensis, découvert aux Vaches noires, et qui appartenaient à une collection initialement constituée par l’Abbé Bachelet dans les années 1770. A cette collection historique est aussi venue s’ajouter celle de Félix de Roissy. Ces collections patrimoniales que j'ai eu à gérer pendant plus de vingt ans ont le point commun d’avoir été récoltées suite au travail régulier et répétitif de prospection de paléontologues « amateurs ». Ce travail ne peut être actuellement mis en place par aucune équipe scientifique, faute de moyens humains et de proximité aux gisements. Ce sont donc ces mêmes amateurs qui continuent à récolter et, parfois, à céder leurs collections aux musées comme Le Paléospace de Villers-sur Mer, ou le MNHN (cf. Monvoisin et al. 2022. New data on the theropod diversity from the Middle to Late Jurassic of the Vaches Noires cliffs (Normandy, France). Geodiversitas, 44(12), 385-415). Empêcher la collecte de fossiles sur l’estran en face des Vaches Noires, n’aboutirait donc qu’à une perte sèche du point de vue scientifique et patrimonial. Sans fossiles plus de nouvelles connaissances scientifiques, ni d’accroissement des collections. Ces fossiles seraient par ailleurs irrémédiablement perdus, puisque non récoltés et érodés/emportés par la marée. Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas d’un côté protéger les falaises des coups de marteaux de personnes peu scrupuleuses et peu respectueuses de ce site, et de l’autre préserver le patrimoine paléontologique en interdisant toute commercialisation des fossiles provenant des Vaches Noires, comme on le voit trop souvent encore. Quoiqu'il en soit le pragmatisme n'est pas du côté d'une interdiction de la collecte sur l'estran.
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Autre contribution : Par FISCHER Florence Déposée le 14 septembre 2022 à 17h17 Je suis tout à fait d’accord avec l’interdiction stricte de l’accés aux falaises, par contre je suis opposée à l’interdiction du ramassage des roches, minéraux et fossiles sur la plage et sur l’estran. Les fossiles, roches et minéraux détachées des falaises par l’érosion naturelle et se retrouvant ainsi sur l’estran sont rapidement et irrémédiablement détruits par l’action des marées s’ils ne sont pas ramassés. Laisser libre à tout un chacun l’accés et la collecte des objets géologiques permet d’en sauvegarder au moins une partie au bénéfice de la science, des musées, au bénéfice des plus jeunes et pour le plus grand plaisir des promeneurs, des amateurs, de tous ces gens qui sont des citoyens responsables. En tant que professeur de SVT depuis plus de 30 ans, je souhaite pouvoir continuer à informer et former plutôt que d'’interdire. Les collections de tous les grands musées, tel le Paléospace de Villers sur Mer, proviennent essentiellement de dons d’amateurs privés et j'en connais personnellement qui ont découvert des pièces qui ont fait l'objet de publications scientifiques. L'une des pièces a permis d'identifier et de répertorier une nouvelle espèce. C'est la mutualisation de toutes ces ressources, d'amateurs et de professionnels, qui permet de faire avancer les connaissances. En conséquence, je vous demande de supprimer du projet de création de réserve naturelle des falaises du Calvados toute tentative d’interdiction de glanage, ramassage, collecte des objets géologiques sur le domaine public maritime du Calvados.
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Une autre : Anonyme Déposée le 14 septembre 2022 à 16h02 DREAL Normandie Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement de Normandie CNPN Conseil national de la protection de la nature CSRPN Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Normandie Préfecture du calvados, S/P de Bayeux et Lisieux Force est de constater qu'une quantité non négligeable d'agents de l'état semble avoir étudié ce projet de création d'une réserve naturelle qui a pour but de préserver la tranquillité de la faune résidant dans ces différents lieux, la biodiversité et les sites minéralogiques et paléontologiques En ce qui concerne la protection du patrimoine géologique, je suis surpris que pas un seul de ces agents ne sache que la mer racle sable et galets abrasifs sur le platier, conduisant à une destruction de ce patrimoine, la durée de vie des minéraux est de deux ou trois marées compte tenu de leur fragilité. Pour les fossiles du Bajocien et du Bathonien, cela prend quelques mois, mais habitant dans cette région et parcourant les plages quotidiennement, je remarque que je n'ai jamais vu un de ces agents venir sauvegarder ce patrimoine lors des nombreux éboulements de falaises. Ce sont bien les amateurs de minéralogie et paléontologie qui sauvent les spécimens livrés à la destruction marine. Cela est totalement stupide d'en interdire la collecte et absolument improductif. La paléontologie et la minéralogie vivent au travers des nombreux amateurs passionnés et non par quelques scientifiques autocentrés. Si l'émulation de la découverte n'existe plus, ces sciences n'auront plus grand intérêt s'il n'y a plus de public pour les faire vivre. Si l'on parle de gisements mondialement connus, c'est également au travers des échanges culturels prodigués par les amateurs lors par exemple de bourses minéralogiques internationales que ces notoriétés se sont faites. En conclusion, il ne faut pas interdire la collecte des minéraux et fossiles si l'on veut réellement protéger ces patrimoines de la destruction et transmettre la passion de la minéralogie et de la paléontologie aux générations futures. En ce qui concerne la préservation de la flore et la protection de la faune, ces services de l'état auraient peut-être pu y réfléchir avant de créer l'année dernière sur toute la longueur de la falaise (12 km environ) de Vierville à Grandcamp-Maisy une véloroute à 10 mètres par endroit du bord de la falaise, là où vivaient mouettes, goélands et faucons pèlerins, ces mêmes faucons, dérangés par cette route construite sur leurs terrains de chasse ont d'ailleurs définitivement quitté ce lieu de vie. En ce qui concerne la protection de la biodiversité, ces mêmes agents pourraient venir constater le nombre d'insectes qui cherchent à traverser cette véloroute du bord de la falaise vers les champs et qui se retrouvent écrasés sur le revêtement. Un premier projet en totale opposition avec l'idée de ce nouveau projet. A quoi pensent donc ces agents de l'état qui prennent des décisions totalement antagonistes ? En conclusion : un projet inepte, bâclé et improductif, à ne pas poursuivre.
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Une autre contribution : Par LECHEVALIER Sylvain Déposée le 14 septembre 2022 à 14h19 Membre du club géologique de Monnaie (Indre-et-Loire) depuis 3 ans et membre de la Société Astronomique de Touraine, je suis originaire de Normandie et je me souviens parfaitement de cette sortie scolaire à Port-en-Bessin il y a 35-40 ans, en cours primaire, pour nous sensibiliser à l'évolution de la vie en nous faisant découvrir et ramasser des fossiles détachés sur l'estran. Je ne suis pas devenu paléontologue mais nul doute que cette sortie est l'un des éléments qui ont développé mon attrait pour les sciences et m'ont dirigé vers des études d'ingénieur. Cette sortie est restée marquée dans ma mémoire et, à l'âge adulte, je n'avais pas renoué avec cette discipline, pensant qu'il était désormais impossible de trouver des fossiles en France depuis l'accumulation de nombre d'interdictions visant à nous protéger de notre irresponsabilité. Jusqu'au jour où, à l'occasion d'une bourse aux fossiles, j'ai adhéré au club géologique de Monnaie. Ce club m'a permis de découvrir quelques sites, malheureusement de plus en plus rares, où il était encore possible de découvrir des fossiles, tous les autres sites étant interdits et leurs fossiles voués à une destruction irrémédiable. Cette recherche est pourtant l'étape initiale conduisant ensuite à l'identification des fossiles récoltés, la découverte des périodes géologiques correspondant et l'étude de la faune de cette période, jusqu'à la réalisation, pour ma part, du site internet de mon club pour tenter de vulgariser cette discipline et d'attirer de nouveaux membres, des jeunes en particulier. C'est par la pratique que j'ai été attiré par cette discipline scientifique et cela m'a poussé à m'y intéresser et à approfondir mes connaissances. Et mon fils de 8 ans commence à s'y intéresser également en accompagnant certaines sorties du club. N'autoriser que les universités ou certaines associations à ramasser n'amènera pas à la sensibilisation aux sciences puisque cela ne concernera qu'un public déjà impliqué dans cette discipline. Je voudrais citer un autre exemple de ce que ces sorties peuvent apporter, une anecdote illustrant la prise de conscience du public pour cet aspect des sciences. Cela ne fait que 3 ans que je fais partie du club et les sorties ont été très limitées à cause de la crise sanitaire. Lors de notre sortie à Houlgate en avril dernier des promeneurs se sont étonnés de nous voir courbés sur la plage à ramasser des cailloux et nous ont interpellés pour nous demander ce que nous ramassions. Nous leur avons expliqué qu'il s'agissait de fossiles datant du Callovien, c'est-à-dire d'il y a environ 160 millions d'années. Ils nous ont corrigés, en nous disant que l'on avait dû commettre une erreur, milliers d'années, pas millions ! On leur a alors expliqué quelques repères sur l'échelle des temps géologiques et l'évolution de la vie. Ces personnes étaient ravies d'avoir appris quelque chose au cours de leur balade et étonnées de ces informations. On leur a fait cadeau de quelques fossiles trouvés, ils étaient heureux d'emporter avec eux des traces de vie datant de plusieurs millions d'années. Mais ce type d'échange, cette sensibilisation spontanée aux sciences, avec ce projet, c'est terminé ! S'il apparaît censé de protéger les falaises (que la mer continuera à attaquer et à réduire quelle que soit l'inventivité de nos technocrates qui ont oublié de faire des études scientifiques), ce que je trouve absurde dans ce projet d'interdiction de ramassage des fossiles détachés sur l'estran ce sont les conséquences que ce projet va induire, conséquences qui seront à l'opposé des objectifs souhaités : - Destruction rapide des fossiles par érosion (la mer est encore moins disciplinée que les hommes et refusera de se plier à ce décret de protection du patrimoine géologique...) - Une discipline scientifique passionnante qui va devenir théorique à 100%, dont l'activité se réduira exclusivement à la visite de musées, et qui n'attirera plus personne - Un outil pédagogique qui va disparaître, qui permettait d'essayer d'attirer les enfants vers les sciences, de les sensibiliser à la paléontologie, à la théorie de l'évolution des espèces depuis l'apparition de la vie sur Terre - Spéculation sur les fossiles comme cela a été le cas pour les météorites (dont le prix a grimpé en flèche depuis quelques années, qui sont maintenant devenues inabordables et qui font l'objet de trafics par les amateurs et collectionneurs), qui explique certainement la défense de ce "beau projet" par certains collectionneurs ou revendeurs qui vont voir le prix de leurs collections atteindre des sommets Il est regrettable que tout devienne interdit en France, que tout soit verrouillé. L'éducation est en pleine régression, le niveau est tiré vers le bas sous prétexte d'élitisme, les sciences n'attirent plus, les sorties scolaires sont de plus en plus rares car trop compliquées à organiser, les clubs et associations scientifiques peinent à attirer les jeunes. Certains amateurs de fossiles en sont arrivés à prendre des risques, à braver les interdits et à faire n'importe quoi. Il serait beaucoup plus judicieux d'encadrer et de contrôler les activités comme cela se fait déjà dans d'autres domaines (la chasse par exemple). Quant à l'argument des personnes favorables à ce projet pour le motif de préservation du patrimoine, cela est bien révélateur de la méconnaissance et du faible niveau scientifique en France, cette interdiction allant à l'encontre de l'intérêt général et de la préservation du patrimoine puisque ces fossiles seront détruits en quelques jours. Le contester montre bien l'ignorance de l'effet de l'érosion. L'ensemble des amateurs est dégoûté par l'évolution qui se met en place et, après discussion avec plusieurs amateurs, nombreux sont ceux qui disent maintenant qu'il est hors de question qu'ils fassent don de la moindre pièce à des musées, encore moins de leur collection. Pour ma part si ce projet est mis en place dans son intégralité cela remettra en question mon adhésion à un club, et hors de question de payer une cotisation à un club si ces interdictions devaient se généraliser, je passerais alors à d'autres activités que la géologie. Projet mis en place ou non, la mer aura raison de ces falaises et d'autant plus rapidement que le réchauffement climatique, contre lequel personne ne prend de véritable mesure malgré l'inertie climatique et malgré l'alerte des scientifiques depuis des dizaines d'années, continuera à dilater les masses océaniques et maritimes. Et pendant que l'on débat sur l'autorisation ou l'interdiction du ramassage de quelques fossiles déjà plus ou moins érodés, des quantités énormes sont détruites tous les jours par la mer sur ces côtes du Calvados et dans les carrières et chantiers de terrassement du Calvados et de l'Orne où des pièces magnifiques pourraient être trouvées et où tout accès est strictement interdit. Triste monde...


