icarealcyon Posté(e) Mercredi à 14:19 Signaler Posté(e) Mercredi à 14:19 La représentation animale est une thématique majeure, constante dans tous les arts des peuples d'Afrique centrale et australe. Elle est souvent réaliste, toujours vive et expressive. Le bois, dur pour la statuaire, tendre pour les masques, reste le support privilégié pour la sculpture. A l'exception de l'art lapidaire funéraire des peuples Kongo sur stéatite et la tradition Shona au Zimbabwe (largement ressuscitée à partir des années 1950 sous l'impulsion de mécènes anglo-saxons), l'art lapidaire dans ces pays ne connait de véritable expansion que depuis un demi-siècle environ, grâce à une meilleure facilité d'accès aux matériels de coupe et taille, aux abrasifs et à l'électricité. Des chefs d'oeuvre d'art animalier voient ainsi le jour. Je ne présenterai dans cet album que des sculptures en pierres locales créées par des artistes de ces trois pays. Léopard en serpentine verte et noire du Zimbabwe (non signée, Shona), 36 cm de longueur Hippopotame en serpentine noire (localement "springstone") par K.S. Tschabangu, Shona, Zimbabwe, 22 cm de longueur Bébé Gorille, serpentine brune, par Kennedy Zano, Shona, Zimbabwe, 22 cm de longueur Lionne, verdite, par David Sibanda (né en 1956) , Afrique du Sud, 32 cm de longueur Citer
elasmo Posté(e) Mercredi à 14:26 Signaler Posté(e) Mercredi à 14:26 Bonjour De bien belles représentations artistiques en pierre, et bien reproduites Citer
fred39 Posté(e) Mercredi à 14:37 Signaler Posté(e) Mercredi à 14:37 Oui magnifique ,déjà dans le bois sa demande de la dextérité ,mais dans du minéral j imagine pas le travail Citer
ice tea Posté(e) Mercredi à 16:34 Signaler Posté(e) Mercredi à 16:34 Bonjour, Superbes représentations d'animaux, j'imagine que ça ne doit pas être facile à sculpter. ice tea Citer
trapanelle montagnarde Posté(e) Mercredi à 18:07 Signaler Posté(e) Mercredi à 18:07 De véritables artistes, ces Africains, dans tous les domaines : les métaux, le bois, la pierre, mais aussi le recyclage en tout genre Citer
icarealcyon Posté(e) hier à 08:02 Auteur Signaler Posté(e) hier à 08:02 Les matériaux qui sont sculptés ! J'ai oublié d'en parler en introduction, c'est l'effet canicule Ce ne sont pas des "pierres dures", car les artistes doivent tailler sans eau. Pour les grandes pièces, marteau et ciseau pour le dégrossissage, puis selon le volume touret ou meuleuse pour affiner les surfaces avant le sablage et le polissage: des étapes finales toujours très soignées et très chronophages. Les petits formats sont entièrement taillés au touret à métaux ou au Dremel. Donc, les pierres utilisées ont une dureté moyenne (de 3.5 à 4.5 sur l'échelle de Mohs) et surtout une excellente ténacité. Au Zimbabwe et en Afrique du Sud, il s'agit essentiellement de plusieurs variétés de serpentine, de verdite (une roche chromifère à dominante de fuschite), de "lépidolite"(en fait une roche riche en lithium à dominante de ce mica, violacé ou mauve) et plus rarement de dolomie blanche à l'aspect de marbre de Carrare. Même si le polissage est très poussé, il y a une application de cire chaude sur la pièce en ultime finition. Les pierres sont issues de petites carrières artisanales. C'est uniquement la serpentine qui était utilisée dans les temps anciens, pour la parure et la statuaire. Il est intéressant d'évoquer ici les séries de "Greenstone Belts" qui s'étirent entre l'Afrique du Sud et le sud du Zimbabwé, ces ceintures de roches archéennes souvent vertes d'ou proviennent la serpentine et la verdite, dont l'âge est supérieur à 3 milliards d'années. Cette vaste structure géologique relictuelle est accessoirement un nid pour les gisements d'or et de lithium. https://www.whyafrica.co.za/following-zimbabwes-greenstone-belts/ https://en.wikipedia.org/wiki/Barberton_Greenstone_Belt Au Congo, le matériau de choix reste la malachite katangaise; plus rarement la chrysocolle et la shattukite. Pour tailler de la malachite à sec avec un touret à métaux ou un Dremel, sans extracteur d'air, il est indispensable d'être installé à l'air libre et ne pas respirer les poussières, sinon on a très vite la migraine (entre autres). Le polissage de la malachite est miroir sur les pièces récentes, sans doute liées à l'usage actuel de poudres comme l'oxyde d'aluminium voire l'oxyde de chrome (pour ceux qui peuvent en acheter). L'éclat de surface est plus soyeux sur celles qui sont plus anciennes, polies à l'émeri ou même au tripoli. Il n'y a jamais de cire chaude appliquée sur les sculptures congolaises. https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-afrique/20201222-rdc-les-artisans-tailleurs-de-pierre-de-malachite-risquent-de-disparaître Citer
ice tea Posté(e) hier à 15:06 Signaler Posté(e) hier à 15:06 Bonjour, Merci "icarealcyon" pour toutes ces précisions et liens fort interressants. ice tea Citer
icarealcyon Posté(e) hier à 15:47 Auteur Signaler Posté(e) hier à 15:47 La malachite massive ne se trouve pratiquement jamais en blocs homogènes d'une taille comparable à ceux de la serpentine ou de la verdite. Les sculptures les plus imposantes dans cette pierre sont donc bien plus petites. Pour une représentation animale ou humaine, c'est monobloc. Pour les autres thèmes, les assemblages sont fréquents. Deux léopards en malachite, 22 cm de longueur chacun. Le poli soyeux fait penser à des pièces d'avant les années 2000. Il est possible aussi que ce type de finition ait été intentionnel. Je pense que c'est une seule et même personne qui a sculpté ces deux léopards, bien que je les ai acquis dans des lieux et époques différents. Celui de gauche ci-dessous est notamment passé par le Japon et il y a laissé le bout de sa queue, une réparation que je ferai bientôt avec bonheur... Malheureusement, l'artiste n'a pas signé son travail, cet usage n'est pas répandu au Congo. Citer
icarealcyon Posté(e) hier à 16:24 Auteur Signaler Posté(e) hier à 16:24 Le Lion par Mwhine Kabongo, sculpteur à Lubumbashi, 17 cm de longueur : Lionne (avec le repas du soir), du même artiste, 11.5 cm de longueur Citer
fred39 Posté(e) il y a 18 heures Signaler Posté(e) il y a 18 heures Pour les 2 léopards je pense aussi que c est de la même personne Pour le roi de la jungle et sa compagne les détails semble un peu moins marqués Mais sa reste des sculptures d une incroyables beauté Dans les salons j ai déjà fait l acquisition de petit objet ( Chouettes et autres bricole ) je pense pas que sa vienne d Afrique centrale ? Citer
icarealcyon Posté(e) il y a 15 heures Auteur Signaler Posté(e) il y a 15 heures Bonjour Fred, si, je pense que ces petites sculptures en malachite viennent en majorité du Congo. Leur style ne trompe pas. Les Chinois font de la sculpture sur pierre à l'imprimante 3D, à l'échelle industrielle: le produit, s'il est parfois joli, a autant d'intérêt que des boulons et des rivets. Ils ont même inventé la malachite synthétique, qui se reconnait immédiatement en simple visuel par le contraste et le dessin de ses zonations, trop rigide, trop accusé. Seules les grandes pièces chinoises sont encore du travail humain ... pour elles aussi le style ne ment pas. Par contre, le fait est qu'ils achètent toute la malachite qu'ils peuvent au Congo (comme relaté dans l'article de RFI), et c'est plus vrai que jamais. Ils achèvent les petits artisans locaux même s'ils leur achètent parfois des pièces. Cela me fait penser à la "lépidolite", une pierre mauve que les sculpteurs du Zimbabwé s'étaient approprié. Elle a quasiment disparu de leurs travaux. On la retrouve en Chine, ou dans le lithium élément qui est devenu une substance stratégique. Citer
icarealcyon Posté(e) il y a 1 heure Auteur Signaler Posté(e) il y a 1 heure Dans un matériau peu utilisé, une roche composée de shattuckite, cuprite et chrysocolle: un crapaud géant du Congo (Sclerophrys superciliaris) dont la particularité est de "mimer" la tête de la redoutable vipère du Gabon, et même son sifflement s'il se sent menacé. Les représentations de crapauds, tortues, hiboux sont plus que répandues dans les petits objets sculptés congolais. Elles sont plus aisées à réaliser que d'autres sujets et elles plaisent bien aux clients. Mais ce qui est moins connu en Europe et ailleurs, c'est que ces animaux ont de tout temps été représentés dans la sculpture locale, en statuettes et fétiches pour les crapauds et les tortues, en masques de danse pour les hiboux. D'ailleurs, la stylisation des sculptures en bois traditionnelles est celle qui est retranscrite dans la pierre. Dans les croyances des peuples Kongo, Les créatures amphibies que sont les tortues et les batraciens, aux moeurs nocturnes, sont considérés comme des émissaires de l'au-delà, car selon la cosmogonie Kongo les âmes des Morts rejoignent le milieu aquatique. Il existe des représentations très naturalistes en malachite des tortues aquatiques locales, les genres Pelomedusa ou Pelusios, rares mais magnifiques, à capturer un jour si je le peux. Citer
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